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Suppose

Si tu pleurais le soir, trop seul avec ta
peine, Etouffant tes sanglots au creux de
l’oreiller, Dans mes bras bien plus doux que mon châle de
laine, Je bercerais ton cœur en un songe
éveillé.
 Si tu pleurais le soir, trop seul avec ta
peine, Etouffant tes sanglots au creux de
l’oreiller, Dans mes bras bien plus doux que mon châle de
laine, Je bercerais ton cœur en un songe
éveillé.
 Si tu avais très soif et ne savais plus
boire Que l’amère liqueur d’un chant
désespéré, Je ferais de mes mains une coupe
d’ivoire, Remplie de perles d’eau pour t’y
désaltérer.
 Si tu étais plongé dans une nuit
profonde, Si tu ne savais plus de la vie les
attraits, Tu verrais par mes yeux les beautés de ce
monde, Que je te conterais chaque jour que Dieu
fait.
 Si tu avais perdu la foi de ta
jeunesse, En déchirant ta vie aux ronces du
chemin, Pour qu’en ton cœur blessé l’espérance
renaisse, Je guiderais tes pas vers d’autres
lendemains.
 Mais tu es près de moi, souriant, plein de
charme, Je ne veux plus penser à ce rêve
troublant. Je ris de mes frayeurs, de mes vaines
alarmes. Viens. Embrasse moi fort. Je t’aime, mon
enfant.
 Renée Jeanne Mignard Si tu avais très soif et ne savais plus
boire Que l’amère liqueur d’un chant
désespéré, Je ferais de mes mains une coupe
d’ivoire, Remplie de perles d’eau pour t’y
désaltérer.
 Si tu étais plongé dans une nuit
profonde, Si tu ne savais plus de la vie les
attraits, Tu verrais par mes yeux les beautés de ce
monde, Que je te conterais chaque jour que Dieu
fait.
 Si tu avais perdu la foi de ta
jeunesse, En déchirant ta vie aux ronces du
chemin, Pour qu’en ton cœur blessé l’espérance
renaisse, Je guiderais tes pas vers d’autres
lendemains.
 Mais tu es près de moi, souriant, plein de
charme, Je ne veux plus penser à ce rêve
troublant. Je ris de mes frayeurs, de mes vaines
alarmes. Viens. Embrasse moi fort. Je t’aime, mon
enfant.

Renée Jeanne Mignard

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