Ode à la rose
Ô rose, que tu as de charmes,
Dans l'air frais du petit matin,
Quand la rosée pleure ses larmes
Sur ton corsage de satin.
L'éclat de ta robe sanguine
Eblouit plus d'un papillon.
De l'abeille qui te butine,
Tu sais le méchant aiguillon.
D'une miraculeuse ondée,
Tu rêvais dans l'été vermeil,
Offrant ta corolle assoiffée
A l'ardent baiser du soleil.
Bientôt les couleurs de l'automne
Terniront un peu ta beauté.
Vois , déjà la vie abandonne
La fleur qui gît à ton côté.
Mais ce matin, tu es si belle
Que jalouse de ta splendeur,
Voilà qu'une guêpe cruelle
Est venue te mordre le coeur.
Reine de mon jardin, ô rose,
Tu tends au soleil triomphant
Ton calice d'or où se pose,
Le regard ému d'un enfant.

Renée Jeanne Mignard

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