

Le lavoir de Montbazon - photo de Renée Jeanne Mignard

Le lavoir

Jadis, le mollet vif, la réplique maligne, Devisant ou chantant tout le long du chemin, Elles allaient porter, par le champ et la vigne, Leur panière de linge au lavoir du moulin.
 Elles s’agenouillaient sur les méchantes planches Savonnaient et brossaient à gestes généreux, Riaient et jacassaient en retroussant leurs manches Le battoir bien en main rythmant leurs cris joyeux.
 Tandis qu’elles rinçaient camisole ou corsage, Qui dans l’onde claquait ainsi que voile au vent, Elles riaient plus fort en penchant leur visage Qu’elles voyaient flotter dans le miroir mouvant.
 Devant l’eau qui moussait, devenait opaline, Tordant le caraco de coton ou de lin, Pouvaient-elles penser alors qu’une machine Condamnerait un jour le lavoir du moulin.
 Il en existe bien dans quelques coins de France Que touriste zélé se plaît à découvrir. Mais ces lieux qui vivaient ne sont plus que silence. Il n’en subsiste plus qu’un lointain souvenir.

Renée Jeanne Mignard

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