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Lorsque je partirai pour mon dernier voyage, Je
veux que vous gardiez le souvenir de moi, Qui
vous ai tant aimés, tant donné en partage, Et
vous chéris toujours, aussi fort qu’autrefois.
Quand
vous étiez petits, dans les années bénies, Que de
nuits j’ai veillé près de votre berceau, Guettant votre sommeil, votre souffle de vie, Votre
moindre soupir, votre moindre sanglot.
Puis
vous avez grandi, forgé vos caractères, Avez
quitté le nid pour aller vivre ailleurs. Que la
maison sans vous me paraissait austère, Et
combien le silence était lourd à mon cœur.
S’en
est allé le temps. Mais malgré les épreuves, Nous
sommes par le cœur toujours restés liés. S’il
est des souvenirs qui aujourd’hui m’émeuvent, Je ne
regrette rien, je n’ai rien oublié.
Me
voici maintenant au terme de ma vie. Mes
joues se sont ridées, mes cheveux sont tout blancs. Pourtant j’éprouve encor l’irrésistible envie De
vous serrer très fort entre mes bras tremblants.
Lorsque je partirai au pays des nuages, Le
soir, à la veillée, parlez un peu de moi, Qui
vous ai tant aimés, tant donné en partage, Et
vous chéris toujours, encor plus qu’autrefois.

Renée Jeanne Mignard
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