
Tu dormais ce matin quand je me suis levée,
D’un sommeil
aussi doux que celui d’un petit.
A regret de
tes bras je me suis enlevée,
Puis je t’ai
regardé, debout auprès du lit.

Ah ! Que
tu étais loin de moi et de ce monde.
Quels rêves
faisais-tu desquels je n’étais pas,
Vers quels
pays voguait ta barque vagabonde,
Quels étaient
ces sommets que je n’atteignais pas ?

Tu m’étais
étranger dans cette solitude.
J’ai eu froid
tout à coup et ma vue s’est troublée.
Alors que
tout entier dans ta béatitude,
Souriant à
demi, tu m’avais oubliée.

Mais tu t’es
éveillé. Ta main chercha la mienne.
J’ai senti ta
chaleur me gagner peu à peu.
Comme chaque
matin, triomphante et sereine,
Je me suis
retrouvée au miroir de tes yeux.

J’ai ouvert
les volets de la petite chambre
Donnant sur
le jardin peuplé de mille bruits.
M’aimeras-tu
encor aux frimas de décembre
Ainsi que tu
le fais au soleil d’aujourd’hui ?

Renée Jeanne Mignard

Chez Claudy