Chagrin
Quand le cœur déchiré il faut rendre les armes, Et seule dans sa nuit oublier le bonheur, Un sourire tu sais peut cacher bien des larmes. Tu feins de ne rien voir, le chagrin te fait peur.
Tout au long des saisons, l’amour, divin partage Eblouissait nos nuits jusqu’au petit matin. Mais je ne savais pas que papillon volage, Tu butinais alors dans un autre jardin.
J’avais en ce temps là une gentille amie, Qui de me prévenir s’était fait un devoir. Si de mon triste sort je la savais ravie, Elle me plaignait fort, feignait de s’émouvoir.
J’ai ravale mes pleurs, n’ai pas fait de reproches. Plus tu me trahissais, et plus je te comblais. Jamais au grand jamais nous ne fûmes si proches. Mais le cœur aux abois, sans cesse je tremblais.
Puis nous avons vieilli, tu appris la sagesse. Tu me trompas encor, mais plutôt par hasard. Ma forte passion fit place à la tendresse. Pour mieux s’aimer, vois-tu, il n’est jamais trop tard.
Tu es mon arbre fou, la sève de ma vie. Nous avons pas à pas retrouvé le bonheur. Notre sort est heureux, et nous faisons envie. Nous avons su tous deux apaiser notre cœur.
Renée Jeanne Mignard

Chez
Claudy

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