
Chaque jour mon petit voisin Qu’il y a treize ans j’ai vu naître, Frappe au carreau de ma fenêtre Tout sourire dès le matin. Veut savoir si j’ai bien dormi, Complimente ma bonne mine, Fait trois petits tours, me taquine… Il est si gentil, c’est permis.
 La demeure de ses parents Est toute proche de la mienne. Une simple haie de troènes Les sépare en faisant écran. Printemps, été, automne, hiver, Pour échapper à leur étreinte, Son corps a laissé son empreinte Au creux des arbres toujours verts.

En avril il me fait cadeau Le jour de mon anniversaire D’un bouquet de fleurs de bruyère, Qu’il a cueilli près du ruisseau. Dans les premiers jours de l’été, La famille part en vacances. Ah ! Comme le poids de l’absence Pèse sur mon cœur attristé.
 Mais quand il revient tout bronzé, Qu’il vient frapper à ma fenêtre, Une immense joie me pénètre, Et berce mon cœur apaisé. Quand scintillant de mille feux, Le sapin de Noël se dresse, Je me nourris de la tendresse Que je peux lire dans ses yeux.
 Ton amitié est un trésor Dont je peux jouir à l’extrême. Qu’il est doux ce don de toi-même. Charmant enfant, merci encor.
Renée jeanne Mignard


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