La lumière que je crois
Pour toi, j'ai ciselé les
ombres et la lumière, et dans leurs entailles j'ai trouvé ce qui éclaire ma vie
...
La lumière que je vois, dessine des nuages où le soleil se noie.
Est-elle bien la même, la lumière que je crois ?
Est-elle pas de notre union la source ? Est-elle pas maîtresse de ce mouvement
que cherche ici peindre mon cœur ?
Une brume, malhabile et grise, envahit la vue et absorbe l’espace.
L’enveloppe des choses peu à peu s’efface, et semble disparaître sous une unique
paupière.
Et la ligne au ciel, où vivent nos pensées, où s’agitent nos fumées, se fond à
la respiration du jour.
Un obstacle parfois, arrête tout à coup le cours, uniforme et lent, d’un rêve
alangui d’opium, et des fantômes blancs.
Un arbre, un épaulement, un ruban clair brusquement, surgissent du creux d’un
pli où se frôlent paresseux des pentes douces, et fuyant la torpeur moite d’un
ciel qui se dissout, avec véhémence, nourrissent encor d’un peu de nuance les
bosses, et tracent un Cadre à tout ce qui frissonne et qui blanchît.
Teintés de prés, mêlés ou monotones, tantôt verdoyants, tantôt piqués de pièces
maigres, entre-coupés ici de gerbes généreuses, et là cousus de paille pauvre,
les stigmates du jour sans ralentir, s’allongent pour ne faire plus qu’une seule
plaie, béante et monochrome.
Un vol noir et solitaire, attire le regard où croisent pesamment des éclats
turbulents, et des cris rauques arrachés aux ailes du vent.
Le dernier reste de clarté, soudain expire et s’arrondit, et de son cœur
s’épanche la pluie.
La bruine froide, humide et triste, attirée vers d’autres joutes, s’éloigne
larmoyant.
Un soleil neuf, amical, et tendre à mon désir d’harmonie et de couleurs, enfin
se lève souriant.
La lumière que je crois, est comme cette flamme chaude et claire où j'ai vu
naître et grandir notre Amour.
La lumière que je crois, est au fond de ton coeur, et nourrit notre vie.
Je t'aime, et mon coeur a besoin de ton regard où la lumière est reine.
Aime-moi...
©Serge
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