
Devant ma toile blanche,
Les idées
ne me viennent pas ...
Pourtant
je voudrais tant peindre !
Je suis
partie m’asseoir sur le divan.
Devant
moi, une grande bibliothèque.
Je la regarde, mais sans la voir.
Quand soudain un vieux livre
Attire mon regard.
On aurait
dit qu’il m’appelait.
Je le prends entre mes mains,
Il est en cuir, rouge et or.
Je le caresse et le retourne de
tous côtés.
Je
n’osais l’ouvrir. J’avais peur ...
Les pages en sont tellement
vieilles
Un peu de sa poussière frôle mon
cœur ...
Ouvre-moi, j’ai tant de choses à
te dire :
Quand les
jeunes en sont à leurs premiers pas,
Moi, j’ai
toute une vie derrière moi. J’ai appris.
Regarde
comme est fait le ciel. Il n’est jamais pareil.
Cherche
deux roses identiques, tu n’en trouveras pas.
Tout est
à immortaliser pour les générations futures.
Et toi tu
ne trouverais rien à leur léguer ?
Ouvre tes
yeux comme tu as ouvert mon livre.
Retourne
vers ta toile blanche.
Je suis
retournée vers cette toile ...
Mon
pinceau glissait dans le ciel ...
Les
couleurs étaient fabuleuses ...
De petits
cumulus avançaient leur nez ...
Je me
suis reculée pour juger de l’effet.
Je suis
restée ébahie par ce que je voyais :
De
là-haut, Dieu tendait les bras vers moi :
Mets ce
que tu sais que la terre ici produit,
Dans le
fond un beau lac, couleur de l’émeraude,
Des
champs de blé, d’orge et de maïs.
J’étais
heureuse. Tout le monde allait pouvoir manger.
Une
grosse machine agricole passe qui moissonne
tout ...
J’ai
appris alors que tous ces grandes plaines fertiles
Allaient
partir pour l’industrie, qu’ils en sortiraient un liquide.
Ils ne
voulaient plus nourrir nos enfants, mais des autos !
J’ai levé vers Dieu les yeux : Seigneur,
laisseras-tu faire ?
Avec la
terre tu nous as donné tout ce qui est bon pour vivre,
Mais dans
sa folie de l’argent l’homme prend tout :
L’eau, le
blé, l’orge et en plus il fait des guerres
Pour être
le maître du pétrole qui le fera encore plus puissant.
Un jour
un autre peuple, peut-être règnera sur notre planète.
J’espère
qu’il ne suivra pas les erreurs qui nous ont causé nos malheurs
Mais si,
bien sûr il le fera ! Tout n’est qu’un éternel recommencement !
Ainsi va
cette boule bleue qui se nomme la Terre.
Claudy
.