Depuis quelques temps
Je me sentais comme étouffée
Entre la vaisselle, les
repas et le ménage
Il me semblait que je
manquais d’air
J’avais un mari merveilleux
près de moi
Mais je ne le voyais plus
Des enfants adorables
Que je n’avais plus le temps
de cajoler.
Je marchais dans la maison
Comme une âme en peine
Qui cherche un peu de
bonheur
Mes yeux, ni mon cœur ne
voyaient plus rien

Un petit Arlequin entre les
mains
Je rêvais d’un amour de
Princesse
Pourtant j’étais la Reine du
foyer
Mais il me fallait un peu
d’air
Doucement un soir, j’ai
demandé à mon mari
Puis-je partir une semaine
ou deux, seule
Je veux écrire et peindre
sans avoir à parler
Je prendrai le motorisé et
je reviendrai

Puis je suis partie, sans
réaliser que je faisais
De la peine aux êtres que
j’aimais le plus
Toute la famille m’a
souhaité un beau voyage
J’étais heureuse, ils me
laissaient respirer un peu.

Arrivée dans une petite
ville
Je vais au magasin, mais
j’étais seule
Le soir je me suis garée et
je regardais le ciel
Je m’assieds à la table et
j’ai commencé à écrire

Les mots ne venaient pas,
pourtant je cherchais
Mais pourquoi ? Je ne
comprenais pas
Soudain un motorisé se gare
près de moi
Je verrouille toutes les
portes, j’étais envahie par la peur
Mais non ! C’était un couple
âgé
Je les observais. Dieu que
c’était beau !
Ils ont joué une petite
partie de cartes
La Dame apporte un café à
son époux

Il lui donne un baiser sur
la main
Ils se regardaient, je
sentais tellement d’amour
Et
moi à côté qui rêvait de liberté !
Était-ce cela que je voulais
?

J’ai ramassé toutes mes
affaires
J’avais laissé le bonheur à
la maison
J’ai repris le volant, le
ciel avait changé de couleur
Des chansons me venaient aux
lèvres
Je suis arrivée à la maison
le matin
J’avais si longtemps rêvé de
ce bonheur
J’allais tout perdre pour un
caprice
Ils sont tous sortis et ont
couru vers moi

Je les ai pris dans mes bras
Je les ai serré à leur faire
mal
Je les embrassais, j’avais
retrouvé mon bonheur
Je regarde mon mari, il y
avait tellement d’amour dans ses yeux
Le soir quand nous avons été
seuls je lui ai dit :
Donne-moi ta main, et ne me
l’ôte jamais
Tu es l’amour de ma vie, tu
es ma source d’eau vive
Tu es l’air dont j’ai besoin
pour vivre
Quand nous serons vieux,
l’un aidera l’autre à marcher
On se regardera et notre vie
défilera dans nos yeux
Notre jardin secret sera
plein de belles choses
Que de petits regards
complices n’aurons-nous pas

Aujourd’hui quand je regarde
ces personnes âgées
Qu’y a-t-il de plus beau et
de plus sage
Que de les voir marcher main
dans la main
Mon cœur est au comble de la
joie et du bonheur

Puisse Dieu les protéger
longtemps !

Claudy
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