Les ans avaient épargné son sourire et ses lèvres,
Mais ses yeux souvent reflétaient la tristesse.
Elle n’avait pas vu ses enfants depuis si longtemps,
Et chaque jour elle priait Dieu afin qu’il les protége.

Elle avait sa petite vie bien tranquille.
Elle aimait voir les gens, elle essayait de leur parler,
Mais elle était gênée de se sentir abandonnée.
Avec son chat elle se berçait, et lui parlait tendrement.

Avec son auto elle se rendait chez son médecin,
Parfois elle se laissait tenter par de petites commissions,
Un petit tour, le soir, tranquille, pour visiter les
vitrines,
Puis elle regardait la télévision …toujours avec son chat.
Les gens trop heureux lui faisaient peur.
Elle, qui a eu la chance de visiter bien des pays,
Elle, qui formait avec son mari un couple magnifique,
Elle est restée seule depuis qu’il est parti vers Dieu.

Elle se souvient de chaque instant passé avec lui,
Elle regarde les photos des pays qu’ils ont visités,
Elle revoit leurs randonnées, armée d’un vieux bâton,
Elle retrouve la joie de sentir ses baisers tout
essoufflés.

Il lui disait : << Mais tu es vieille ma chérie ...! >>
Alors lui aussi se confectionnait un vieux bâton,
Et ils partaient vers les hauteurs en chantant.
Tous ces souvenirs vivent au fond d’elle-même.
Mais un jour elle tomba malade ...Ce fut son cœur.

Elle a été opérée mais ils ont commis une faute médicale.
Soins intensifs ...! Elle est restée quinze jours dans le
coma.
Quand elle ouvrit enfin les yeux …Ô Seigneur ! Quelle
vision !
Ces enfants étaient au pied de son lit avec sa grande amie
!

Son petit-fils la tenait dans ses bras, il la serrait tout
contre lui :
<<Grand-maman je te donne ma force, reviens parmi nous ! >>
Un brouillard lui cachait encore ses enfants réunis autour
d’elle,
Mais elle reconnaissait leurs voix, si douces à ses
oreilles.

Il ne faut jamais perdre espoir sur le sentier de la vie
...
Le Très-Haut, souvent, se charge de nous le rappeler :
Entendez sa voix qui mêle à nôtre cœur des gouttes de
bonheur
Ayez confiance en elle, elle saura vous le rendre au
centuple ...

Claudy