Ô mon Papa





 

    
Jamais ô jamais je n' oublierai cette
 
image ...
 
Sous un soleil de plomb assis sur un caillou ,
 
Sans l' ombre d' une ombre , ton chapeau point c' est tout .
 
Venant de l' aéroport , j' ai fait le
 
voyage .
**
Quand je t' ai vu de près , mon coeur eut une
 
hâlte ...
 
C' était trop mon Papa , ton visage creusé ,
 
Car en un mois sans te voir , après le décès ,
 
Tu feignais ta survie , tu disais avoir
 
hâte ,
 
Montrer la maison de Déo ,  d' où tu
 
pèchais 
 
De me faire partager le rivage et le sable
 
Le bateau , le jardin , barbecue , et la table ...
 
Où votre pêche sur la presse était 
 
photografiée
**
Et quand une fois comme une Princesse 
 
intallée
 
Les senteurs de café , l' air marin , douces vagues ,
 
Toi déjà assis sur ta chaise ,  et vent grand largue ,
 
Mais un seul être te manquait , Maman
 
bien-aimée
**
Tu fixais l' horizon , parlais à la
 
Colombe
 
Qui t"approchait de près , et restait près de Toi
 
Ô mon Papa d' amour , toi tu gardais la Foi ...
 
Tu t' accrochais à tout pour oublier
 
la tombe ...
**
Et tu ne savais plus que tu tenais
 
une ligne ,
 
Le poisson frétillait , il était pris à l' appât
 
Perdu dans tes pensées , tu ne le voyais pas ,
 
Ce que tu attendais c' était surtout
 
un signe ...
 
Et quand l' été nous quittait , tu venais
 
En Septembre ,
 
Arrivant par le train , et prenant un taxi
 
Et  enfin tu sonnais , ma fille je suis ici !!!
 
La nuit je me levais , et entrouvrant
 
ta chambre ,
 
Assis au bord du lit , une photo
 
à la main
 
En faisant des gestes , tu parlais , et embrassais
 
Papa , il faut dormir , demain c' est le tiercé ,
 
Il s' allongeait , l' embrassant je disais
 
à demain ...
 
Le matin arrivait , j' allais prendre
 
mon café ...
 
Ouvrant la cuisine , surprise , le voyais assis
 
Son chapeau , son blouson , sa canne en tremblotis
 
Ses yeux malgré tout craintifs
 
M'interrogeaient ...
 
Hors , je n' étais point à l' aise , vue que
 
je bâillais ...
 
Je lui disais gentiment , défais-Toi Papa ,
 
Et là il attaquait : A midi tu veux manger quoi ?
 
Je levais les yeux au plafond
 
bien fatiguée ...
 
Mais hélas c' était sa dernière
 
traversée ...
 
Une fois à la gare  le train ne partait pas ...
 
Que se passait-il , la gare en branle-bas
 
Départ annoncé , derrière la vitre
 
il pleurait ...
 
Ce fut sa dernière fois , et mon Papa ne revint plus
 
 Et partant la rejoindre , pour la bonne cause ce fut ...
 
N'en pouvant plus , près d' elle à jamais
 
s' est couché ...
 
Liliane

 

 

 

Chez Claudy