En forêt, près de la mer

   Avril, sous ses cheveux de pluie, nous souriait.
En ce matin brumeux, caressés par le vent,
Les pins de la forêt se balançant, pleuraient
Sur des tapis de mousse qu’ils mouillaient doucement.

Les genêts, émaillés de larmes de rosée,
Faisaient la révérence sur le bord des chemins.
Les gouttes de lumière de leurs fleurs parfumées,
Réveillaient la pénombre endormie sous les pins.

La forêt, telle un rideau tissé autour de nous,
Feutrait le chant profond des vagues océanes,
Mélodie que les flots insouciants et fous,
Offraient aux perles fines de la brume diaphane.

Noyés dans nos pensées, nous marchions en cadence,
Dans ce havre paisible, de senteurs embaumé.
Seules, nos mains unies échangeaient en silence,
Des serments, quand parfois, plus fort, elles se serraient.

Sur le sable mouillé, la trace de nos pas,
Se mêlait aux empreintes par d’autres pas laissées ;
C’était comme un langage, une histoire contée,
Ecrits là, dans le sable, tout au long des années.

Chaque jour, comme nous, dans les forêts du monde,
Forêts des bords de mer ou des monts escarpés,
Des promeneurs iront discrètement rêver,
Et le temps qui s’enfuit n’y voudra rien changer.

Claudie Rolland