Le soir enveloppait d’une écharpe d’ébène,
La vallée assoupie dans les bras des collines.
Les riches bracelets de gouttes de lumière
Paraient ici et là, les rives du grand lac…
Et le bateau voguait, au rythme de la vague,
Sur les eaux somnolentes.
Charme d’un soir d’été, saupoudré de silence…
A peine entendait-on le clapotis des vagues
Sur la coque endormie…
Alors, jaillissant des violons complices,
Une musique douce monta dans la nuit.
Ô minutes sublimes !
Blottie tout contre toi, je buvais cet instant ,
Quand les vibrants accents d’une voix inconnue
Murmurèrent ces mots :
« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices,
Suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer
Les rapides délices des plus beaux de nos jours ! …. »
Ma main serra la tienne ;
Des perles d’émotion glissèrent sur ma joue.
Claudie Rolland 2003