LA FALAISE DE LA MORT 

 

 

 

Drapée dans un voile d’obscurantisme si  pesant

Je m’enfonce inexorablement dans la pénombre

D’une vie qui s’enroule et se déroule meurtrissant

Tour à tour, mon esprit, mon corps et mon cœur

 

Mon esprit est figé à tout jamais dans les ombres

D’un corps malade, où la vie se meure peu à peu,

Laissant la place à un vide immense d’obscurité

Qui ne laisse rien filtrer, pas même la lumière

 

D’un jour qui pourrait renaître de ses cendres

Tout mon être a froid, mon cœur se glace

Au rythme du dégoût de vivre, et celui de mourir

Je suis au bord de la falaise, emportée par l’envie


L’envie de sauter, pour mettre fin à ce calvaire

Plus bas, bien plus bas, la mer se fracasse contre

Les rochers, dans un bruit épouvantable, assourdissant

Couvrant l’orage qui gronde si fort en moi, et grandit

 

Silencieux, jusqu’à remonter le long de mon corps transi

J’avance encore un peu, comme un automate, je me penche

Je n’ai plus le temps de réfléchir, je glisse, l’herbe mouillée

M’entraîne, je ne peux plus me rattraper, le vide me happe

 

Je vole, je tournoie dans le vent comme un fétu de paille

Tout va très vite, je ne ressens aucune peur, seule une

Grande paix m’envahit tout entière, j’ai touché le fond

Je me suis écrasée, pauvre pantin de la vie tout disloqué….

 

Irène

 

 

 

Chez Claudy