Toute une histoire

 

Ils étaient mariés depuis 2 ans déjà et rien ne semblait vouloir assombrir ce bonheur que tous enviaient.

Ils ne roulaient pas sur l’or mais ils se contentaient de peu.

Elle ne travaillait pas à l’extérieur mais elle gardait deux jeunes enfants pour aider à payer les coûts du ménage.

Cette entrée d’argent, si minime soit-elle leur permettait de survivre en attendant des jours meilleurs.

Puis, Caroline devint enceinte et après l’accouchement elle continua à prendre soin  de ces trois enfants qu’elle adorait.

La fatigue se faisait parfois sentir mais elle tenait bon pour arrondir les fins de mois.

Il travaillait comme pompier pour la ville de Montréal et les salaires n’étaient pas très élevés dans les années 50. Il fallait vraiment mettre la main à la pâte pour joindre les deux bouts.

Il aurait bien voulu acheter un gâteau pour souligner la fête de Caro qui devait avoir lieu la semaine suivante  mais il était cassé comme un clou…

Il emprunta la modique somme de $2.00 à son beau-frère pour réaliser son projet et le « Grand Jour » arrivé il put lui faire la surprise planifiée.

Quand vint le moment de souffler les chandelles les enfants s’en donnèrent à cœur joie en criant « Fais un vœu et souffle fort »

Caro en avait les larmes aux yeux, elle avait pensé qu’il l’avait oubliée…

 

Le mercredi soir, elle allait au cinéma pour profiter du taux réduit ce soir de la semaine et son mari gardait les enfants…

À son retour, il avait baigné et couché les enfants mais elle trouvait les couches dans une chaudière dans la salle de bain…

Les couches jetables n’existaient pas en 1953 ou si elles existaient elles coûtaient trop cher…

Le jeudi, c’était le tour de Michel de prendre congé en allant jouer au bowling…

 

Quand décembre arriva, elle devait aller à la confesse pour pouvoir communier à Noël, mais les choses ne se passèrent pas comme elle l’aurait voulu…

En entrant dans le confessionnal, elle dit les prières d’usages et dit au prêtre

qu’elle et son mari  « empêchaient la famille »…Erreur…

Le vieux Père entre dans une colère noire et lui demande quel âge a son enfant et quand elle lui dit qu’il est né en septembre il lui répond qu’il ne peut lui accorder l’absolution à moins qu’elle ne manifeste du repentir…

Et n’oubliez pas madame dit-il que vous devrez revenir à la confesse au même prêtre selon la loi de la « Sainte Église » pour obtenir l’absolution.

La pauvre Caro sort du confessionnal en larme et honteuse car elle sait fort bien que tous les gens qui attendaient en ligne pour se confesser avaient entendu les paroles violentes du prêtre…

Honteuse, elle sort de l’église à toute vitesse et le vent glacial fouette ses joues et y fait geler les larmes qu’elle ne peut contenir jusqu’à la maison.

À son arrivée, elle raconte le tout à son mari car ils doivent décider s’ils pouvaient avoir un autre enfant…

Leur situation financière ne le leur permettant vraiment pas, ils optèrent pour l’abstinence…

Mais elle avait la rage au cœur et en voulait à ce prêtre qui l’avait humiliée alors qu’elle était venue chercher le pardon de ses fautes…

Quand Noël vint, ils allèrent à la messe de minuit mais ne purent aller communier.

Par la suite, Caro décida de parler à Dieu directement…

Elle lui offrait sa journée le matin et le soir elle priait pour implorer son pardon…

Le couple essayait de s’abstenir sans beaucoup de succès et un jour elle

reçut un coup de téléphone d’une amie lui disant : «Il y a longtemps qu’on s’est vues, je ne savais pas que tu avais décidé de teindre tes cheveux en noir »

Mais non dit-elle, je suis toujours blonde, pourquoi dis-tu ça?

Voyons, je t’ai vue entrer au Bowling avec Michel et tu avais les cheveux foncés.

Tu as dû faire erreur !!!

En raccrochant, elle réalisa que Michel devait aller chercher ailleurs ce qu’elle lui refusait parfois…

Elle ne pouvait se résoudre à faire l’amour oral, elle avait essayé mais elle avait vomi tout de suite après…Il en avait été insulté en déclarant que si elle l’aimait vraiment, elle n’aurait pas dédain de lui…

À son retour du bowling, elle lui dit :

Tu sais chéri, j’aimerais aller jouer au bowling avec toi, on pourrait prendre une gardienne pour nous permettre de sortir ensemble au moins une fois par semaine…

Il répondit que l’équipe ne comptait que des hommes et qu’il ne voyait pas ce qu’elle viendrait faire là…

Elle se tourna vers la fenêtre pour qu’il ne voie pas les larmes perler à ses yeux…

 

Puis il y eut ce soir où elle crut l’avoir reconquis alors qu’ils faisaient l’amour

il était fou de bonheur et quand il fut rendu au 7e ciel il gémit et cria le nom d’une autre femme…

Qu’as-tu dit, dit-elle en le repoussant brusquement?

Elle venait d’avoir la confirmation de ses soupçons

 

Elle se dégagea puis sauta en bas du lit et prit une douche où les larmes se mêlaient à l’eau.

Elle voulait laver la souillure de son corps…

Quand elle revint à la chambre, il dormait ou faisait semblant…

Dans les jours qui suivirent, l’ambiance était glaciale car elle ne savait quoi dire pour essayer de clarifier la situation…

Elle aurait voulu lui demander s’il voulait se séparer d’elle mais avait peur de la réponse.

Ils continuaient à cohabiter sans vraiment en avoir envie…

Un soir où il passait la soirée à la maison pour écouter le hockey pendant qu’elle faisait le repassage à la cuisine, il lui cria « Huguette veux-tu m’apporter un coca s’il te plait »

Elle ne répondit pas et quand il réitéra sa question elle arriva dans le salon

les mains vide et lui dit que quand il voudrait quelque chose, elle ne répondrait jamais au nom d’Huguette…

Naturellement, les choses allaient de mal en pis…

Arrive le weekend, il lui annonce qu’il va à la chasse seul, elle le soupçonne d’y emmener sa maîtresse alors elle prépare les draps, serviettes, pyjama chaud car c’est froid au chalet en fin d’octobre…

Elle lui fait un gros pot de fèves au lard et ajoute des œufs et du bacon car son voisin de chalet doit aussi apporter des victuailles.

Durant la journée de vendredi, elle reçoit un coup de téléphone anonyme lui apprenant que la partie de chasse n’est qu’un prétexte pour passer la fin de semaine avec Huguette…

Folle de rage elle se précipite chez un marchand de gadgets du quartier qui vend toutes sortes de choses pour jouer des tours et comme c’est sa femme qui est au comptoir, elle lui demande si elle vend de la poudre à gratter…

Que voulez-vous faire avec ça ma petite dame?

Elle lui raconte ce qui lui arrive et la femme lui vend la poudre en lui recommandant d’en mettre un peu seulement dans les draps et couvertures.

Puis elle demande de lui en donner des nouvelles…

Elle revient chez elle en imaginant un plan diabolique qui gâcherait les ébats amoureux des infidèles…

En toute hâte, elle ouvre la valise et en sort draps et couvertures pour saupoudrer le produit irritant et replie le tout soigneusement et referme la valise aussitôt car son mari doit bientôt arriver de travailler pour se changer

et repartir aussitôt vers le nord…

En effet il arrive environ ­ 45 minutes plus tard et repart rapidement en disant qu’il reviendra dimanche soir tard en soirée.

Elle le regarde partir par la fenêtre et lui envoie la main en souriant…

Caro la douce Caro est devenue diabolique et elle est fière d’elle en préparant le souper des petits.

Elle se surprend même à chanter avec eux après le souper.

Elle joue un peu avec eux, puis après les avoir baignés ils se couchent et s’endorment rapidement.

Elle écoute distraitement un film à la T.V. puis après avoir pris une bonne douche elle se couche vers 23hres après « Les nouvelles du soir à TVA. »

Elle a pris sa petite fille pour coucher avec elle et tout le monde dort paisiblement quand elle entend une clef tourner dans la serrure…

Effrayée elle se lève et saisit un bâton de baseball appuyé dans le coin de la chambre car son mari travaille souvent de nuit…Elle est prête à attaquer le voleur…

 

La pauvre Caro va-t-elle être victime du voleur?

Saura-t-elle défendre ses petits?

C’est ce que vous saurez en revenant me lire à la prochaine mise à jour…

Votre amie…

Suite 2

Elle tient le bâton fermement et s’apprête à fesser quand Michel l’attrape en riant…

Ouf! Que viens-tu faire à 2 heures du matin dit-elle…

Tu n’es pas à la chasse?

Il y avait un barrage sur la route et j’ai fait demi-tour…

Quoi? Tu as fait tous ces kilomètres alors que tu avais un équipement complet?

J’ai mis un temps fou à tout préparer pour toi, des beans,  tourtière, sandwiches gâteaux biscuits etc.

Oui, je m’ennuyais déjà de toi…

 

Alors je prends une douche et je viens te rejoindre, je suis crevé après avoir conduit 600 kilomètres.

Il est revenu pour moi se dit-elle avec émotion…

Elle va coucher sa petite fille dans son lit et attend Michel avec impatience.

Elle est songeuse…

Il a peut-être retrouvé la raison se dit-elle.

 

Il s’approche enfin du lit, il sent bon mais il lui tourne le dos et éteint rapidement la lampe en se grattant vivement les cheveux et le cou.

Elle aurait voulu se frôler contre lui mais elle a peur d’attraper sa grattelle, d’autant plus qu’il dort déjà ou bien fait-il semblant?

Elle ne peut fermer l’œil car il est agité et se gratte fréquemment le dos, le cou, les bras, les jambes et le torse…

Il se tortille et change souvent de position tout en se grattant et en maugréant…

Elle s’est endormie tard car elle jouissait du spectacle en riant sous carpe…

Elle savourait sa vengeance…

Au petit matin, elle se réveille avant lui à cause des enfants qui ont faim et la routine doit reprendre…

Comme elle s’apprête à quitter la chambre elle le voit qui se gratte encore en dormant et que sa peau est striée de marques rouges…

Elle réalise qu’il est allé au chalet avec « Elle » qu’ils se sont mis au lit et que le Weekend a été écourtée à cause des démangeaisons…

 

Elle s’imagine la scène et rit dans sa barbe…

Quand il se lève, il prend son déjeuner en lisant le journal sans avoir le moindre regard pour elle…

Elle lui parle de son sommeil agité et il dit qu’il doit avoir fait une allergie à quelque chose…

Après sa toilette elle lui fait un massage avec de la crème spéciale pour soigner les démangeaisons.

 

Comme elle a fait disparaître le reste de la poudre et son enveloppe, elle ne craint rien mais se demande s’il se doutera de quelque chose…

Dès qu’il est parti elle s’empare de la valise pour remplacer les draps contaminés par d’autres draps propres car elle ne veut pas qu’il sache qu’ils sont la cause de ses déboires.

Elle les mets dans la laveuse et fait une brassée pour effacer  les preuves qui pourraient l’incriminer.

Le soir elle défait la valise alors qu’il est à la maison et place le tout dans les armoires…

Elle lui annonce qu’elle doit sortir avec une amie pour aller à une démonstration de produits Tupperware et comme il devait être absent, la voisine doit garder les enfants.

Il se change en vitesse et part dans l’auto qu’ils ont mis tant de temps à s’offrir.

Quand son amie vient la chercher vers 19.30 heures  Caro lui demande de passer sur la rue Saint Denis,  histoire de voir si l’auto est garée chez sa maîtresse dont elle avait pu avoir l’adresse par une autre amie qui demeure sur la même rue et qui s’étonnait de voir l’auto stationnée aussi souvent près de chez elle sans qu’ils aillent la visiter…

En effet, l’auto est garée devant sa porte, Caro demande à son amie d’arrêter un peu plus loin et de l’attendre quelques minutes…

Elle s’approche de la voiture à pas de loup, et en fait le tour en prenant soin de dégonfler chacun des pneus…Elle rit en entendant le  long pishhhhh…quand elle pèse sur la valve son cœur bat à une vitesse folle car elle a peur de se faire prendre…Puis elle rejoint son amie en courant et elles démarrent en trombe…

À son retour, vers minuit il est déjà couché, la gardienne est partie et les enfants dorment à poings fermés.

 

Dimanche, elle fait du sucre à la crème que les enfants adorent et  tout se passe dans le calme et Michel ne sort pas de la soirée. Il se gratte encore mais la crème fait effet…Caro l’a soigné avec une telle sollicitude…hi hi hi

La semaine s’écoule monotone mais il est retourné au travail vu que son long congé est terminé.

Caro essaie de comprendre ce qui se passe mais rien ne laisse soupçonner ses intentions.

Et puis un jour alors qu’elle s’attendait au pire, il lui annonce que tout est fini avec l’autre et qu’il désire reprendre la vie comme avant alors qu’ils étaient si heureux.

Mais il a besoin de s’éloigner et lui annonce qu’il part en retraite fermée

dans un monastère de la banlieue de Saint-Hyacinthe…

Il doit revenir le dimanche pour souper.

 

Caro se jette dans ses bras en pleurant puis elle lui prépare une petite valise pour la fin de semaine…

Elle n’y met pas de poudre à gratter cette fois hi hi hi.

Le dimanche après midi, elle prépare le souper qu’il préfère, elle a défoncé  son budget mais elle l’attend fébrile, elle a demandé à sa belle-sœur de garder les enfants pour pouvoir souper en tête à tête avec son mari repentant…

Cinq heures arrive et elle revoit la disposition de la table pour que tout soit parfait.

Elle va à la fenêtre anxieuse de le voir arriver mais le temps passe et il n’arrive toujours pas…

Elle craint un accident et décide d’appeler au monastère où on l’informe qu’il a quitté vers 16.30 heures…

La distance à parcourir étant de 50 kilomètres il devrait être arrivé depuis longtemps.

Il arrive enfin à 20 heures…

Le repas est froid mais il a déjà soupé…

Elle a envie de crier mais se tait comme d’habitude car elle a peur qu’il ne parte encore.

Il dit avoir fait une crevaison et pendant que le garagiste réparait le pneu crevé il avait soupé dans un casse-croute situé en face du garage.

Caro est soulagée et croit ses dires. « L’innocente »

 

Le calme semble être revenu depuis 15 jours et Caro a toujours peur qu’il ne s’absente mais réussit à cacher ses émotions.

Elle vaque à ses occupations avec ardeur et va même jusqu’à laver murs et plafonds avant l’arrivée de Pâques pour lui éviter cette corvée qu’il assumait dans le passé.

Elle en est rendue à sa dernière pièce et prend un peu de repos assise par terre

tenant un beigne d’une main et un Coca cola de l’autre…

Elle a hâte d’en finir quand elle se souvient qu’elle n’a pas été chercher le courrier dans la boîte à malle.

Elle descend rapidement les 3 étages et revient avec les comptes du mois.

Quand elle ouvre celui de Bell Canada elle constate qu’il y a un interurbain

qui leur a été chargé par erreur car elle ne connaît pas ce numéro.

Elle appelle la compagnie de téléphone, où on lui apprend qu’il s’agit d’un appel à frais virés en provenance d’une autre ville…

Une personne du nom de Huguette x  aurait parlé durant 10 minutes à M. Michel x

Caro refuse d’accepter ce montant et on lui dit de ne pas le payer.

Le plus drôle de l’histoire c’est que Huguette avait téléphoné alors qu’elle passait une semaine de vacances chez son oncle dans les Laurentides…

Celui-ci a été facturé pour cet appel fait de chez-lui.

 

La chicane s’est de nouveau installée entre les deux époux et Caro se promet de garder les yeux grands ouverts.

Quand Michel travaille de nuit, il doit dormir le jour alors, durant son sommeil elle part en voiture avec les enfants pour aller faire ses commissions puis elle se rend au parc pour leur permettre de jouer un peu dans les balançoires.

Pendant ce temps elle ouvre le coffre arrière de la voiture tout en les surveillant et elle cherche des preuves au cas où elle devrait entamer des procédures de séparation ou autres.

Elle ne peut se payer le luxe d’engager un détective privé

Voilà qu’elle trouve une pile de lettres écrites au crayon où Huguette lui déclare son amour et le supplie de lui revenir…

Elle les ouvre toutes et lit le récit de leurs ébats amoureux…

Elle trouve aussi une dizaine de photos de sa rivale posée nue dans un motel…

Caro met le tout dans sa bourse et continue ses fouilles pour découvrir un écrin contenant une belle montre pour homme qu’Huguette lui avait probablement acheté pour son anniversaire.

Folle de rage, Caro ouvre le coffre à outils et s’empare d’un outil massif pour casser la montre de telle façon qu’elle sera irréparable, elle la frappe encore et encore, puis elle la remet dans l’écrin…

Son cœur bat la chamade, elle pleure et se promet d’être plus vigilante à l’avenir…

Elle lui avait elle-même acheté une montre pour Noël, mais elle était bien moins jolie que celle-ci…

Elle s’était privée de beaucoup de choses pour la lui offrir…

Elle souffrait énormément car elle perdait ses illusions une fois de plus.

 

Quand il s’aperçut que sa montre était démolie il lui fit une crise terrifiante

la prit à la gorge en la renversant…

Elle crut sa dernière heure venue mais sa fillette s’est réveillée en pleurant

et il s’est enfui pour ne revenir que le lendemain.

Il trouva la maison vide à son retour car Caro était allée se réfugier avec sa fille chez sa belle-mère…

Il lui a téléphoné pour la supplier de revenir en promettant que cela ne se reproduirait plus jamais…Je vais vous chercher supplia-t-il…

Elle se reprit à espérer mais…

Comme elle sombrait dans la mélancolie elle avait retourné les 2 enfants qu’elle gardait pour ne s’occuper que de sa fillette de 5 ans.

Elle voyait son médecin qui lui prescrivait des cachets pour contrer cette dépression qui la minait.

Elle fondait à vue d’œil et ne souriait plus…Elle avait perdu la joie de vivre.

Elle imaginait les pires vengeances sans oser les mettre à exécution.

Ses amies lui disaient : « Tu parais bien, tu es belle fais-lui donc la même chose » Il y a des hommes qui ne demanderaient pas mieux que de te gâter.

Mais elle répondait qu’elle ne voulait pas s’abaisser à son niveau…

Puis, une chose en entraînant une autre, il arriva ivre une nuit et se servit d’elle comme d’une chose lui appartenant…

Il ne se retira pas à temps et s’endormit en roulant à côté d’elle…

Caro courut à la salle de bain pour se laver et essayer d’effacer la souillure

de ce contact dégradant…

 

De plus, elle craignait de devenir enceinte et passa le reste de la nuit à compter les jours sur le calendrier…

Elle était désespérée même si elle croyait ne pas être dans une période de fertilité…

 

Il buvait de plus en plus et les scènes devenaient de plus en plus violentes quand un jour, une amie qui travaillait dans une pharmacie dit à Caro:

« Je connais un médicament qui pourrait t’aider à l’arrêter de boire comme un porc… »

Je vais en parler à mon patron et je t’en donne des nouvelles dès demain…

 

 

Vous qui me lisez, connaissez-vous ce remède?

Pouvez-vous me dire de quoi il s’agit?

Il parait que c’est inodore et incolore…

 

Venez lire la suite lors de la prochaine mise à jour de Claudy.

Votre amie qui vous reviendra sous peu…

Je vous reviens j'espère que vous avez aimé ce fait vécu

Suite 3

Caro se demandait bien quel produit miracle pourrait le guérir de ce besoin de boire mais elle était prête à tout pour qu’il redevienne sobre et peut-être le ramener à la raison…

Il s’est écoulé environ une semaine avant qu’elle puisse entrer en possession du liquide émétique (vomitif) que lui procura son amie.

La bouteille qui contenait 500 ml de ce qui semblait être de l’eau, devait être versée en petite quantité dans le verre de boisson ce qui n’était pas facile car il buvait rarement à la maison.

Elle attendait avec impatience qu’il prenne une bière mais rien à faire.

Pendant ce temps, il la harcelait de questions pour savoir ce qu’elle avait fait des photos et des lettres disparues de la voiture et le climat était tendu comme jamais.

Un jour, excédée par toutes ces questions elle lui dit qu’elle avait déchiré les photos et les avait envoyées dans les toilettes « La merde avec la merde » dit-elle…

Tant qu’aux lettres elles les avaient brûlées dans le foyer en allant visiter sa sœur, on avait besoin de faire feu de joie je suppose…

Furieux il se dirige vers le réfrigérateur, s’empare d’une bouteille de bière et d’un verre et va s’asseoir au salon car le hockey va commencer.

Elle voit sa chance venue mais comment lui administrer la potion magique sans être vue?

Elle attend patiemment tout en faisant quelques travaux dans la cuisine.

Après la 3e bouteille il doit aller aux toilettes alors elle profite de ce court moment pour saisir la bouteille dont elle avait enlevé l’étiquette du fabricant pour la remplacer par une autre indiquant « eau bénite » et court vers le salon où elle voit le verre à moitié plein et elle verse environ 1 cuillère à thé du produit...

Elle n’a que le temps de dissimuler la bouteille derrière un meuble car il revient avec une autre bière en vitesse pour ne pas manquer le fil de son sport préféré…

Elle se demande quand le produit fera effet et surveille attentivement pour percevoir le moindre bruit suspect…

Elle entend parfois…

« Et c’est le but »

Puis l’annonceur crie le score d’une voix tonitruante…

 

Peu de temps après, il court vers les toilettes et vomit….

Affolée elle lui offre son aide et prend une débarbouillette mouillée d’eau froide qu’elle lui passe sur le front avec beaucoup de compassion…

Il est blanc comme un drap…

« Elle se dit à elle-même, tu n’auras pas le dernier mot avec moi… »

Il s’est couché tôt ce soir là…Huguette a dû l’attendre en vain…Bravo…

Le lendemain, il a pris un café noir et avait mal au bloc comme on dit au Québec…

S’il avait su que les photos et lettres avaient été mises dans une enveloppe et  que Caro avait collé le tout en utilisant du sparadrap  sous un tiroir de la table de nuit, tout près de lui...

Caro savourait sa vengeance une fois de plus…

Elle croyait tellement qu’il resterait enfin à la maison qu’elle était prête à tout pour l’y forcer.

 

Quelques jours plus tard il arrive tard à la maison, saoul comme jamais…

Il a pris de la boisson ailleurs et n’a pas été malade cette fois.

Il va falloir être prudente car s’il n’est malade qu’à la maison il va se douter de quelque chose…

Il me semble que tu devrais prendre un café ou encore un thé avant d’aller dormir dit-elle…

Ok pour un thé comme toi seule sait le faire dit-il en lui prenant la main…

Mais après la douche.

Tiens, tiens se dit elle…

Elle voit sa chance, de lui administrer sa potion…

Quand il sort rafraîchi de la douche il a meilleure mine et avale le thé chaud que Caro lui a servi, puis il va au lit…

Quelques heures après il se lève et court vers la toilette pour se vider une fois de plus…

Cette fois Caro fait semblant de dormir mais elle a honte de rendre son mari malade…S’il fallait qu’il meure?

Après quelques doses du produit, elle lui dit d’aller consulter leur médecin de famille au cas où il aurait des ulcères…

Naturellement les tests ne donnèrent rien et le médecin, après un interrogatoire serré, en vint à la conclusion que ses malaises pouvaient provenir d’un sentiment de culpabilité compte tenu de ses escapades et infidélités.

Il était révolté et la pauvre Caro subissait ses agressions verbales…

Il découchait de plus en plus souvent puis rentrait vers 6 heures pour se changer et repartir aussitôt pour aller travailler selon son horaire de travail.

Caro était de plus en plus maigre et ne mangeait presque pas, elle n’en pouvait plus de cette triste vie…

Elle se demandait quoi faire pour le retenir à la maison quand…

 

Un samedi soir, il prit sa douche et pendant ce temps elle conçut un plan machiavélique…

Elle se dit que si ses vêtements étaient salis il n’oserait pas sortir…

Alors elle ouvrit le garde robe et fit de grandes barres de Make-up sur ses vestons, pantalons chemises et tout ce qui lui tombait sous la main…

Son cœur battait tellement elle avait peur de se faire prendre…

Il sort de la douche tout frais rasé et s’apprête à s’habiller…

Il passe en revue tous ses vêtements, il est furieux…

Il retourne à la salle de bain et en ressort vêtu de ses jeans…

 

Croyez-le ou non, il est sorti quand même…

En passant près d’elle, il l’a regardée d’un air narquois et est parti…

 

Elle s’est sentie tellement ridicule qu’elle s’est effondrée sur le lit

en pleurs jusqu’à ce qu’elle s’endorme toute habillée…

 

Elle fut réveillée par la sonnette de la porte…

Avant d’ouvrir, elle demanda « qui est-là? »

Ouvrez, police…

Elle regarda par l’œil de bœuf et vit deux policiers en uniformes…

L’un montrait sa carte d’identification…

Que se passe-t-il dit-elle en ouvrant?

Madame, votre mari a eu un grave accident…

Il est à l’hôpital?

Non, il était trop tard…

Quoi?

Il est mort sur le coup…

Il était seul dans l’auto?

Il n’est pas décédé d’un accident de voiture, il était dans un club de la rue

Saint-Laurent quand un homme a tenté de commettre un vol à main armée…

Votre mari a essayé de s’interposer entre le voleur et la caissière quand il a reçu une décharge de carabine tronçonnée en pleine poitrine…

Le rapport de l’autopsie dira combien de plombs il a reçu.

Nous sommes désolés d’avoir à vous apprendre son décès mais on a besoin de vous pour l’identifier à la morgue…

Caro est effondrée, elle leur demande de l’attendre au salon pendant qu’elle passe un coup de téléphone pour demander à sa voisine de venir garder…

Elle met un manteau rapidement et part avec eux.

Il est 2 heures du matin et durant le trajet elle pleure en silence…

Elle m’a téléphoné avant d’aller à la morgue pour que je l’y rejoingne…

Elle n’a personne d’autre que moi pour la soutenir dans ces moments difficiles.

Je l’ai aidée de mon mieux par ma présence constante auprès d’elle…

 

Au salon funéraire il y eût des fleurs en abondance et les compagnons de travail, parents et amis lui rendirent hommage et offrirent leurs sympathies

à Caro qui demeurait debout près du cercueil…

Elle ne voulait pas s’absenter, même pour prendre une bouchée car elle attendait Huguette de pied ferme…

Et quand elle devait aller aux toilettes je prenais la relève et ouvrais l’œil…

Mais Huguette n’est pas venue…

Après le service funèbre et l’inhumation au cimetière, un buffet fut offert et après le départ du dernier convive, la solitude s’installa dans la vie de Caro

qui regrettait amèrement ses actes de vengeance d’autrefois. Elle me dit :

 

« Maintenant, je sais où il dort…»

« Qu’il repose en paix…»

 

Elle n’a jamais refait sa vie, sa fille était sa seule consolation…

Je l’ai perdue de vue depuis, mais j’aimerais bien la revoir…

Caro, si tu me lis, écris à Claudy, elle me transmettra ton courriel…

À bientôt mes amis(es)

Votre amie :

 

 

  

Merci Claudy de me permettre de raconter ces faits vécus.

 

 

Chez Claudy