Méfiez-vous...


 

Divorcée depuis 6 mois elle avait encore la rage au cœur et rêvait de se venger de son mari qui l’avait trompée de façon honteuse.

Un groupe de jeunes femmes qui étaient dans la même situation la convainquirent de sortir avec elles ce samedi soir…

Elles allaient prendre un verre et danser dans « un night club »

 

Dès l’arrivée, elle n’aima pas l’atmosphère enfumée du club car la cigarette était permise à l’époque.  

De nature timide Françoise n’avait jamais mis les pieds dans ce genre d’endroit…

Qu’elle ne fut pas sa surprise de voir un téléphone sur chaque table…

 

C’était la spécialité de ce club et les habitués s’amusaient ferme en se servant du téléphone pour inviter une jeune femme à danser.

Chaque table était numérotée et il s’agissait d’en signaler le numéro pour faire sa demande…

Comme ses compagnes étaient connues, elles furent appelées à plusieurs reprises mais elle séchait sur place et de toute façon elle n’avait vraiment pas envie de danser car elle avait le cœur en compote et avait hâte de retourner chez elle…

À la table voisine, un homme dans la quarantaine qui ne dansait pas non plus buvait plus que de raison.

Elle l’observait à la dérobée, non qu’elle soit intéressée par lui mais elle se demandait ce qui incitait cet homme à boire autant…

Plus tard dans la soirée, elle s’aperçut que le garçon de table faisait erreur en lui rendant la monnaie d’une commande…

Comme il était de plus en plus éméché le pauvre diable ne s’apercevait de rien et le waiter lui  volait au moins $10.00 dollars à chaque commande.

Comme il en était à sa troisième commande, elle s’interposa soudainement

et  tenant le poignet du garçon de table elle lui dit : « Ne croyez vous pas que $10.00 dollars de pourboire est trop élevé pour le service que vous lui rendez? »

Il fit semblant de s’être trompé, s’excusa en lui rendit le change exact cette fois…

Après avoir bu sa bière, l’homme se leva en titubant et partit en faisant un petit signe de remerciement…

Le samedi suivant, n’ayant rien à faire, elle accepta de nouveau l’invitation des filles…

En arrivant, elles prirent place et chacune passa sa commande mais elle commanda une eau gazeuse en demandant d’y ajouter une cerise de sorte qu’elle avait l’air de boire un verre de boisson alcoolisée.

Les invitations ne se firent pas attendre cette fois et elle accepta de danser à quelques reprises.

Soudain on la demande au téléphone elle prend l’appareil et la voix lui dit qu’il ne sait pas danser mais qu’il veut la remercier de ce qu’elle avait fait pour lui le samedi précédent.

Elle regarde autour et l’aperçoit de l’autre côté de la piste de danse, il est seul à sa table et lui fait signe en soulevant un coke…

Il dit dans l’appareil « Santé ».

Elle sourit et raccroche…

Les filles étaient sur la piste et elle commençait à être fatiguée…

En fait elle avait un peu honte d’être là et se sentait comme si elle trompait son mari…

Pauvre Françoise! Si tu savais comme il ne se gênait pas lui…

Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas remarqué l’homme qui se penchait maintenant vers elle…Il lui demandait s’il pouvait s’asseoir quelques minutes…

Bien sûr dit-elle mais je dois partir bientôt…

Je me présente dit-il…Georges

Il est grand et svelte, mieux vêtu que la semaine dernière… 

Enchantée…Je suis Françoise…Pas question de lui dire son nom au complet…

Il est venu ce soir en espérant la voir car il n’est pas un habitué puisqu’il ne danse pas…

Il lui parle de différentes choses mais comme elle répond à peine il ne s’attarde pas longtemps et repart en la saluant avant que les filles ne reviennent…

Elle les regarde danser et consulte sa montre de temps à autre, souhaitant qu’elles se décident à rentrer…

Mais comme elles avaient pris plusieurs verres, elle étaient en plein party et dansaient joyeusement…

Françoise se leva, leur fit signe de la main et sortit de la salle de danse en se disant qu’elle prendrait le dernier autobus pour rentrer.

En sortant elle vit les feux arrières de l’autobus qui s’éloignaient.

Elle l’avait manqué.

Décidément elle jouait de malchance se dit-elle en s’installant en bordure du trottoir pour héler le premier taxi qui passerait…

Des voitures passaient mais aucun dôme lumineux en vue…

Soudain une voiture décapotable s’arrête, elle reconnaît le fameux Georges qui lui offre de la reconduire.

Elle accepte puisqu’il est sobre et elle lui dit seulement de la conduire au coin de la rue où elle demeure car elle ne veut pas lui donner son adresse…

Il démarre et lui offre d’aller prendre un café dans les environs mais elle refuse gentiment disant qu’il est tard et qu’elle n’a qu’un désir c’est d’aller  se coucher…

D’accord dit-il mais je vais devoir arrêter chez-moi en passant car ma mère qui habite avec moi va s’inquiéter…

J’en ai pour 2 minutes je ne vous ferai pas attendre trop longtemps dans la voiture…

Ouf! Se dit-elle j’ai eu peur qu’il me demande de monter chez lui…

Il revient bientôt disant que sa vieille mère veut la connaître et aimerait qu’elle consente à prendre un café avec elle.

Elle hésite un peu mais voyant la dame aux cheveux blancs dans la fenêtre elle décide d’accepter…

Une fois les présentations faites elles prennent place dans la salle à manger

La dame sait recevoir et a sorti ses tasses des grandes occasions…

Elles grignotent quelques biscuits faits maison tout en jasant…

Puis, la porte d’une chambre s’ouvre et une belle jeune fille en sort vêtue d’une somptueuse robe de chambre. Elle se présente « Mado » dit-elle et prend place à table pendant qu’un monsieur distingué sort de la chambre et part sans saluer personne.

La fille a bu et elle rit trop fort…Cela déplait à Françoise qui est pressée de partir…

Georges s’apprête à aller la reconduire quand une autre porte s’ouvre laissant passer un homme d’un certain âge qui se dirige vers la porte mais il se retourne bien vite et dit à la mère, « Tiens, tu as une nouvelle recrue? Je la réserve pour samedi prochain. »

Françoise a vu un miroir au plafond de la chambre et elle vient de comprendre qu’elle est tombée dans un piège…

Cette belle dame à l’allure distinguée est la tenancière d’une maison close…Et son fils lui amène des filles rencontrées au hasard.

Elle saisit son sac à main et s’enfuit, descend rapidement les quelques marches du perron et court sur le trottoir comme une folle…

Elle n’a jamais couru aussi vite avec ses hauts talons…

Elle est à bout de souffle…

N’ose pas regarder derrière de peur d’être suivie…

Une voiture s’arrête et un homme lui offre de l’aider mais voyant son air effrayé il lui dit qu’il y a un poste de police au coin de la rue et lui offre de l’y conduire…

Non dit-elle je vais m’y rendre à pied et je demanderai qu’on m’appelle un taxi…

D’accord, je vais vous escorter jusque là pour votre sécurité car il se fait tard…

Il la suit doucement en voiture…

Finalement elle se dit qu’il n’est pas méchant et renonce à aller à la police qui lui posera des questions embarrassantes…

Elle ne veut pas être mêlée à ce genre de monde dégradé…

Ne voyant toujours pas de taxi dans les parages elle monte en voiture avec l’étranger et se tient collée à la portière…Elle est terrorisée…

Mais l’homme lui parle calmement tout en conduisant sans faire de détours inutiles et la laisse descendre au coin de la rue où elle demeure…

Avant son départ, il lui tend sa carte d’affaire et lui dit :

« Vous savez, j’aurais aimé vous rencontrer dans d’autres circonstances »

Si le cœur vous en dit, appelez moi demain avant 21hres car je quitte le bureau à cette heure tardive pour aller jouer au Mini golf chaque soir.

Vous verrez que je ne suis pas plus dangereux au téléphone dit-il en souriant de toutes ses dents blanches…

Elle lui trouve un certain charme maintenant qu’elle est hors de danger.

Elle le remercie d’un signe de la main et se sauve en courant…

Il la regarde fuir comme une gazelle…

Cheveux au vent, la jupe de sa robe balance d’un côté à l’autre à chaque pas…

Il attend qu’elle soit en sécurité et repart rêveur…

Arrivée à son appartement elle prend une douche et passe un peignoir

Puis elle ouvre la T.V. puisqu’elle ne s’endort pas à cause du café et de toutes les émotions de la soirée…

Il est maintenant 1 heure et voyant la carte de son sauveur elle la lit et découvre qu’il est vendeur d’automobiles.

C’est donc pour cette raison qu’il finit de travailler aussi tard…

Elle finit par aller se coucher même si elle ne trouve pas immédiatement

le sommeil…

Dimanche elle ne sort pas de la journée tellement elle est traumatisée par ses mésaventures de la veille.

Au souper, elle s’aperçoit qu’il ne lui reste pas assez de lait pour le petit déjeuner du lundi alors elle va au dépanneur du coin et revient bien vite sans se douter que quelqu’un l’observe assis dans une voiture stationnée un peu plus loin de son domicile.

     Suite no. 2

    

Le lendemain elle est allée travailler et les incidents de la fin de semaine

sont passés au deuxième plan…

Au retour du travail elle trouve un bouquet de fleurs sur le palier.

Croyant à une erreur elle frappe chez sa voisine qui lui apprend qu’un homme est venu la questionner pour savoir son nom en disant qu’il avait un envoi de fleurs à faire et elle ne s’est pas méfiée…

Elle se confond en excuses d’avoir été indiscrète puis referme la porte…

Françoise cherche la carte sans succès…

Elle se dit, il n’y a que Georges qui savait mon prénom alors elle en vient à la conclusion qu’il est l’envoyeur…

Elle est furieuse et s’apprête à mettre le tout à la poubelle mais le téléphone sonne et c’est son sauveur qui parle de sa voix grave et posée…

« J’ai attendu votre appel aujourd’hui mais il semble que vous soyez encore sous le coup de l’émotion »

Confuse, elle lui dit que ce n’est pas dans ses habitudes de téléphoner aux garçons et lui demande comment il a pu obtenir son numéro de téléphone?

Facile dit-il quand on sait parler aux voisines…

Vous avez aimé les fleurs?

C’est donc vous dit-elle?

Qui d’autre?

J’ai craint un instant que ce soit l’hurluberlu que je fuyais hier soir…

Au fait, que vous est-il arrivé pour que vous soyez aussi paniquée?

Je vous raconterai un de ces jours, merci pour les fleurs…

Pourquoi pas ce soir, je finis à 21hres et je peux aller vous chercher pour vous initier au golf…

D’accord, je vous attendrai dehors…

Je ne peux pas rentrer dit-il en riant?

Pas question…C’est ça ou pas du tout…

Je plaisantais à plus tard.

Il était devant la porte à 21.10hres, il était en tenue sport et elle avait mis un

Bermuda blanc agencé avec un tee shirt rayé en diagonale noir et blanc

Elle avait prévu d’apporter une veste blanche au cas où la température deviendrait fraîche…

Elle avait quand même quelques notions du jeu et elle apprit facilement ce qu’il lui enseigna…

Puis ils prirent un café au « Club House » et il la reconduisit.

Ils étaient enchantés de leur soirée et se promirent de récidiver bientôt.

Comme elle allait sortir de l’auto il la retint doucement pas le bras et lui demanda ce qui était vraiment arrivé la veille.

Elle hésita un moment et lui raconta sa mésaventure en sanglotant.

Il lui tenait la main pour la rassurer et lui dit que son frère était lieutenant de police et qu’il lui demanderait de faire surveiller la maison en question…

Il lui tapota la joue en voulant la consoler et elle ouvrit la portière pour entrer chez elle mais surtout pour ne pas céder à son charme…

Encore une fois il ne partit qu’une fois qu’il vit la lumière allumée à sa fenêtre…

Pour la première fois depuis au moins 6 mois elle prit sa douche en fredonnant…

Elle dormit comme un ange…

Le lendemain elle prévint sa voisine de ne pas donner d’informations à son sujet car elle craignait que Georges tente de l’atteindre…

 

La maison appartement où elle vivait était munie d’un système « Intercom »

Ce qui lui permettait d’ouvrir seulement aux gens qu’elle connaissait…

Il s’écoula quelques jours avant que son sauveur lui fasse de nouveau signe

Elle commençait à désespérer quand il sonna à sa porte vers 21.15hres sans avoir téléphoné…

Oui ?....

Ici votre chevalier servant, puis-je entrer?

Non dit-elle attendez moi dans l’auto, je descends dans quelques minutes…

D’accord dit-il en riant…

Elle se change rapidement et descend l’escalier à la course mais comme elle ouvre la porte, elle aperçoit Georges en conversation violente avec Jacques.

Elle rentre à l’intérieur et suit la scène à travers la vitre de la porte.

Sentant le danger, Jacques sort de l’auto…

Il est costaud et dépasse Georges d’une tête…

Elle voit les deux hommes discuter puis Georges s’enfuit en marchant rapidement vers sa voiture…

Il démarre en trombe en faisant crisser les pneus…

Tremblant de tout son être, Françoise s’installe auprès de Jacques en qui elle a confiance…Il démarre calmement et ils filent vers l’extérieur de la ville…

Il veut s’engage sur un chemin de montagne pour s’arrêter à un endroit magnifique d’où ils peuvent voir le paysage à l’infini…

Ils jasent longuement et il la serre affectueusement dans ses bras sans plus…

C’est aujourd’hui vendredi dit-il et comme tu ne travailles pas demain alors on peut veiller plus tard…

Il la conduit dans un petit Piano-Bar où il semble être connu…

Il lui demande ce qu’elle veut prendre alors elle commande un Seven Up avec cerise et glaçon…

Une bière pour moi…

Ils parlent de différentes choses et elle lui raconte qu’elle n’a été mariée qu’un mois.

Originaire du Saguenay elle est déménagée à Montréal où son mari vivait…

Il avait un bon emploi comme pompier…

Il avait pris ses vacances pour le mariage et un petit voyage de noces et à leur retour ils s’étaient installés confortablement dans un petit trois pièces…

Elle avait trouvé un emploi comme vendeuse sur la rue St-Hubert et ils étaient heureux même s’il n’était très porté sur le sexe…

Il était toujours fatigué disait-il…

Elle lui avait demandé de voir un médecin qui avait diagnostiqué une mononucléose…

Elle lui faisait des plats fortifiants et lui disait que tout allait se replacer quand il aurait repris ses forces…

Il était donc en congé payé pour une période indéterminée…

Elle continuait à travailler en attendant impatiemment que tout rentre dans l’ordre car elle l’aimait passionnément et n’avait qu’un désir : Lui appartenir…

Un matin, elle part pour aller travailler avec un vilain rhume, et son état se détériore quand elle fait de la fièvre.

Elle a le front chaud et grelotte…

Sa patronne la renvoie chez elle en taxi tellement elle est malade…

Elle grimpe péniblement l’escalier, débarre la porte et voit une scène d’horreur.

La radio joue à tue-tête, on ne l’a donc pas entendue, elle voit son mari prendre ses ébats avec un homme…Elle est dans la porte de la chambre et les regarde avec horreur…Puis elle s’évanouit…

Inutile de dire qu’elle n’est pas restée là, elle s’est réfugiée chez une vieille tante

qui l’a hébergée durant quelque temps…

Elle l’a soignée comme sa propre fille et l’a traitée avec beaucoup de compassion.

Une semaine plus tard elle a repris le travail et sa patronne lui a recommandé un avocat pour faire une demande d’annulation de mariage.

Après beaucoup de démarches, elle l’a obtenue…

Jacques l’écoutait en se demandant comment cet homme avait pu résister à tant de beauté et d’innocence…

Lui-même se sentait irrésistiblement attiré vers elle…

Il l’invite à danser un « slow » et il la berce tendrement, elle est si jeune, à peine 20 ans et lui en a 38…Il se sent comme son protecteur…

Retournés à la table il lui donne un carré de papier et lui demande d’écrire le titre de sa chanson préférée…Elle écrit… « Le mur » c’était une chanson très douce chantée par Gilbert Bécaud à l’époque qui disait :

 

Y’a toujours un côté du mur à l’ombre

Mais jamais nous n’y dormirons ensemble

Faut s’aimer au soleil

Nus comme innocents etc.

 

Jacques alla trouver le pianiste qui annonça une demande spéciale : « Le mur »

Et dès qu’il commença à jouer les couples sont allés danser…

Il lui tendit la main et ils s’enlacèrent plus étroitement cette fois…

Il la sentait si vulnérable qu’il l’entourait de ses bras tendrement comme pour la protéger…

De retour à table, elle lui dit : Alors raconte moi pourquoi tu es avec moi ce soir.

Il dit seulement ceci :

J’ai été marié pendant 10 ans avec une femme que j’adorais, nous avons eu un garçon qui avait un beau talent…

Le cancer est venu m’enlever l’amour de ma vie alors qu’elle n’avait que 29 ans

Puis j’ai continué à élever mon fils seul avec l’aide de ma mère, mais je m’en occupais, Dieu seul sait comme je l’aimais ce beau garçon qui avait un avenir prometteur…

Quand il a atteint l’âge de 18 ans, il m’a demandé de lui guetter une aubaine

parmi les voitures usagées car certains clients changeaient de voiture aux deux ans.

J’avais une idée derrière la tête. Je me suis dit : J’ai la chance d’avoir un bon fils qui étudie et réussit très bien, je vais lui faire une surprise et lui offrir sa voiture lors de son anniversaire qui concordait à peu de jours près avec la fin de l’année scolaire.

Étant propriétaire du garage j’ai choisi une belle voiture sport rouge neuve, je l’ai fait laver et bichonner puis j’y ai fait mettre un énorme ruban argent sur le toit et je l’ai installée dans mon garage personnel qui est à l’abri des curieux…

Le jour de la graduation, après la remise des diplômes, je lui ai bandé les yeux,

l’ai fait asseoir dans ma voiture et l’ai conduit auprès de la sienne…

J’avais demandé à un employé de la sortir dehors avant notre arrivée…

Je me souviens encore de sa surprise en l’apercevant dit-il en s’essuyant les yeux

Ce cri de joie me récompensait pour tous les sacrifices faits depuis des années…

Comme il avait déjà son permis de conduire, il a pu prendre le volant et aller la garer dans le garage double de la maison…

Le lendemain, il a emmené sa grand’mère malgré elle car elle était terrorisée…

En revenant il riait en lui disant : « Tu vois bien que je suis un grand garçon maintenant »

Puis ce soir là il est parti avec un copain pour l’épater et ils sont morts tous les deux dans un terrible accident…

L’enquête a révélé qu’un bris de la direction était responsable…

Peux-tu imaginer…Je lui donne une voiture neuve pour plus de sécurité et il y a un bris de la direction qui fauche deux vies…

J’ai mis beaucoup de temps à me pardonner.

Vois-tu je lui ai donné la vie et je lui ai donné la mort en lui offrant cette voiture.

Françoise pose sa main sur la sienne en signe de compassion.

Il s’en empare et lui baise les doigts…

Suite 3

Au contact de ses lèvres sur sa main, un frisson la parcourut et elle s’aperçut

qu’elle s’attachait à lui un peu plus de jour en jour.

Elle avait peur…

Peur de se tromper une fois de plus…

Peur de souffrir d’un amour impossible.

Il y avait tellement de différence d’âge…

Il l’invita de nouveau à danser un slow et la serra tendrement de sorte que leurs corps ne faisaient qu’un…

Elle sentait son souffle chaud dans son cou et tout ça la troublait délicieusement.

Françoise dit-il, je te veux, je n’ai jamais rien ressenti d’aussi fort depuis le départ de ma femme…

Il me semble que le destin t’a mis sur ma route pour que nous finissions nos jours ensemble.

Elle ne répondit pas et ils partirent en se promettant de revenir…

Sur le chemin du retour, il conduisait d’une main et entourait ses épaules

de son autre bras alors sa tête vint se nicher dans le creux de son épaule.

Elle était dans tous ses états espérant qu’il l’embrasserait…

Arrivés à destination, il la prit dans ses bras et l’embrassa doucement avec beaucoup de tendresse…

Elle était toute chavirée et ne pouvait s’empêcher de comparer cette chaleur ressentie alors que son mari ne l’embrassait que pour la convenance…

Son mari qui trouvait toujours des excuses pour ne pas consommer l’acte conjugal…

Combien de fois elle s’était endormie le cœur gros parce que son homme ne finissait pas son devoir d’époux…Elle se disait qu’il ne l’aimait pas, qu’il avait seulement besoin d’une servante etc.

Aussi quand Jacques l’a caressée ce soir là elle se croyait au 7e ciel et s’il avait insisté elle aurait cédé à sa passion inassouvie.

Arrivée à destination elle descendit de l’auto rapidement pour ne pas céder à l’envie de l’inviter chez elle.

Le lendemain elle reçut une seule rose rouge qu’accompagnait une carte qui disait :

« À ma Valentine, puisse-t-elle accepter cette modeste rose en gage de mon amour »

Bouleversée, elle l’appela au bureau pour le remercier. Il fut convenu qu’il irait la chercher comme d’habitude et qu’il lui réservait une surrprise…

Inutile de dire qu’elle a fini sa journée distraitement sous les regards envieux

de ses compagnes de travail…

Ce soir-là, en arrivant au piano-bar le pianiste a commencé à jouer « Le mur »

comme il le faisait chaque soir depuis qu’ils fréquentaient l’établissement.

Elle en était toujours émue et soupçonnait Jacques de donner un généreux pourboire au pianiste pour qu’il les accueille avec cette mélodie…

Françoise est souriante, heureuse et se sent la reine du monde…

Elle nage dans le bonheur…

Soudain, elle voit arriver un couple en qui elle reconnaît Georges et la blonde plantureuse de la « maison close »…

Son teint devient blafard tellement elle a peur…

Elle tremble de tous ses membres…

Jacques lui propose de quitter l’endroit mais avant qu’il ne puisse se lever

Georges s’approche de lui par derrière et lui braque un révolver sur la tempe

en criant à Françoise: « Toi si tu veux lui sauver la vie, tu devras suivre sagement Mado. »

Sois sans crainte, je ne te ferai pas de mal mais ma mère te veut dans son équipe et quand ma mère veut quelque chose je suis prêt à tout pour la rendre heureuse.

Tu ne m’échapperas pas, tu vas avec « Mado » sinon…

Françoise tente de se lever mais ses jambes refusent de la porter et elle s’évanouit…

Georges, voyant le danger, détale avec sa « Mado » en criant qu’il reviendra…

Pendant l’attaque, le propriétaire des lieux avait appelé les  policiers qui sont arrivés juste à temps pour les cueillir à la sortie.

 

Jacques s’est précipité vers Françoise et comme elle reprend conscience, il lui donne un peu de cognac et les couleurs reviennent à ses joues…

Elle grimace mais sourit en voyant que le danger est écarté…

Ils durent rester pendant que d’autres policiers s’affairaient à prendre les déclarations des témoins.

Françoise disait en pleurant « Je ne me souviens pas de l’adresse où j’ai failli tomber dans le piège » comment allez-vous pouvoir fermer ce commerce de prostitution?

Soyez sans crainte, ils sont déjà sous surveillance…

Il est déjà 2hres du matin lorsqu’ils se retirent en douce car les clients avaient eu aussi très peur.

Arrivés à la maison, il insiste pour monter avec elle…

Après avoir  passé un coup de téléphone à son frère policier pour le mettre au courrant, il lui suggère de prendre une douche chaude et de se mettre à l’aise…

Elle obéit comme une automate et après s’être séchée elle s’enveloppe dans une sortie de bain de ratine et va s’asseoir auprès de lui. Elle appuie sa tête contre son épaule rassurée par sa présence.

Elle s’endort bientôt assommée par l’effet du cognac…

Il se dégage doucement et la prend dans ses bras pour aller la coucher dans son lit…Il la borde et va dormir dans le salon tout habillé.

Elle se réveille vers 5heures, va à la salle de bain et l’aperçoit sur le divan, ses jambes pendent dans le vide. Elle le regarde attendrie et le prend par la main pour le conduire jusqu’à son lit où il se rendort paisiblement en la tenant dans ses bras protecteurs…

Le lendemain, il s’éveille avant elle, va prendre une douche, se lave les dents comme il peut et retourne auprès d’elle.

Elle s’étire sous ses caresses et se blottit contre lui.

Il ne veut pas profiter de la situation mais attend patiemment qu’elle le caresse à son tour…

Hum! Comme tu sens bon dit-elle en se collant encore plus près…

Il ne peut résister et prend ses lèvres…Ils passent un moment inoubliable.

Puis il reste couché sur le dos, songeur…Tu ne m’avais pas dit que tu étais vierge, comment as-tu pu être mariée 1 mois et rester vierge?

C’est pour cette raison que j’ai pu obtenir facilement l’annulation du mariage.

Il n’y a pas eu consommation…J’étais pas mal innocente et j’étais mal informée

Il aurait dû me montrer comment faire l’amour comme tu viens de le faire mais il devait seulement penser aux hommes puisqu’il était homosexuel.

Maintenant je comprends bien des choses et je le comprends lui aussi, c’était pas de sa faute…

Au fait tu es un bon professeur…

Ils éclatèrent de rire enfin heureux!

Dis donc, tu m’avais promis une surprise?

Les évènements d’hier ont tout chambardé et je voulais que tu sois en possession de tous tes moyens pour prendre des décisions je t’en reparlerai plus tard.

Pour le moment, oups debout dit-il en se levant tu dois avoir faim.

Je te prépare le petit déjeuner…

Elle paresse encore quelques minutes puis se lève à regret…

Fait sa toilette et se maquille un peu puis passe à table où l’attendent un œuf poché, des rôties du bacon etc.

Ils mangent en silence durant quelques minutes puis il lui dit à brûle pourpoint

« Tu ne peux pas rester ici » J’ai pensé que tu pourrais aménager chez moi, car j’ai une grande maison où tu pourrais t’installer confortablement…

Tut, tut, tut laisses moi finir…Il sort de sa poche un écrin contenant une magnifique bague de fiançailles…Elle est muette d’émotion…

« Tu sais, tu peux parler maintenant… »

Elle s’assied sur ses genoux et l’embrasse passionnément…

Est-ce que je dois interpréter ce baiser comme  une réponse favorable?

Oui mais plus tard, car j’ai un bail à respecter et je ne manque jamais à mes obligations et puis aussi il y a la grande différence d’âge.

Si ce n’est que ça je vais m’arranger avec ton propriétaire sois sans crainte et pour la différence d’âge je vais me conduire comme un gamin si tu crois que je vais devenir pépère demain.

Tu sais, j’aurais pu maîtriser Georges hier puisque je suis ceinture noire  5e dan, car je pratique des arts martiaux depuis environ 20 ans, mais on nous enseigne de garder notre calme en toutes circonstances et de n’utiliser nos forces qu’en dernier recours mais comme j’avais vu le propriétaire du piano bar au téléphone, j’avais deviné qu’il appelait la police…Alors pourquoi risquer que son arme blesse ou tue quelqu’un dans l’assistance?

Je dois aller à Tokyo dans deux mois pour prendre des informations sur les nouvelles voitures qui commencent à envahir le marché car je songe à agrandir le commerce pour ajouter un département qui me permettrait d’offrir ces véhicules

à la clientèle…

Je suis tellement heureux que j’ai la tête pleine de projets…

Mais avant je veux réaliser le plus merveilleux qui soit…

Celui de t’épouser et de t’assurer la sécurité que tu mérites…

Dès demain on ira au presbytère pour faire les démarches…

Je sais qu’il faut publier les bans etc

Toi, de ton côté, tu devras acheter ta robe de mariée…

On va être occupés de part et d’autre mais on pensera à se reposer quand on sera dans notre nid d’amour.

Il me reste à te présenter ma mère, elle est âgée de 70 ans et elle t’aimera, tu verras…Comment pourrait-il en être autrement?

 

Par la suite, tout se passe rapidement, ils vont même chez le notaire pour le contrat de mariage…

Jacques veut aussi refaire son testament et y retourne seul le lendemain à l’insu de Françoise…

Il s’occupe de tout en homme d’affaires averti…

Entre temps, ils doivent témoigner en cour mais tout se passe assez rapidement car Georges a plaidé coupable…

D’autre part, la maison close a été fermée définitivement…

 

Ils font un mariage intime, 30 invités sont conviés à prendre le repas de noces avec eux dans restaurant haute gamme de Montréal où une salle a été réservée

pour célébrer l’évènement entre parents et amis.

La mariée est radieuse et il n’y a plus aucun nuage à l’horizon…

Ils font un petit voyage de noces où ils se retrouvent enfin seuls dans un paysage enchanteur des Laurentides.

Ils font quelques randonnées en montagne et s’amusent à crier à tue-tête des

« Je t’aime »

Que l’écho répète à chaque fois…Ils s’amusent comme des adolescents…

Mais il faut bientôt rentrer car le patron ne peut s’absenter longtemps, il doit veiller sur les affaires…

 

Ils sont installés depuis peu lorsque Françoise a des malaises, elle ne digère pas bien et a souvent des nausées…

Sa belle-mère qui la considère avec beaucoup d’affection lui dit d’un ton malicieux : « Je crois que la famille va bientôt s’agrandir »

Françoise rougit et doit se rendre à l’évidence, elle va avoir un bébé…

Elle appelle Jacques au bureau et comme il est absent elle lui laisse un message sur son répondeur :

« Papa, ne rentre pas trop tard ce soir, nous avons à parler sérieusement »

Ils sont mariés depuis 3 mois et il doit maintenant aller à Tokyo pour affaires…

Il est bouleversé car il ne voudrait pas la laisser seule dans un pareil moment.

Mais les affaires le pressent vu que les travaux d’agrandissement sont presque terminés au garage, il ne reste que la peinture et la décoration de la salle de montre à finir.

Il en a pour trois jours à peine et il l’appellera chaque soir de son hôtel…

La veille du départ, c’est avec le cœur gros qu’elle fait ses valises car elle devait l’accompagner mais vu son état, ils ne veulent pas mettre la vie du bébé en danger…

Il doit se lever très tôt car l’avion décolle à 7 heures…

Il l’embrasse tendrement et lui dit : Je t’aime et je voudrais déjà être de retour…

Puis il part en voiture et lui envoie la main en quittant la cour…

À l’aéroport le départ est retardé d’une heure…

Il s’impatiente et après qu’il s’est écoulé 90 minutes il va s’informer pour savoir ce qui retarde le départ et à quelle heure il est prévu mais quand la personne lui dit qu’il sera peut-être retardé de plusieurs heures, il décide d’annuler le voyage et s’en retourne chez lui…

À son arrivée, Françoise lui saute au cou…

Ils décident d’aller dîner au resto avec Marie-Josée la maman de Jacques.

Celui-ci est libre après avoir fait quelques appels pour canceller ses réservations à Tokyo et aussi présenter ses excuses au président de la compagnie de voitures qui devait le faire cueillir à l’aéroport et remettre le rendez-vous à une date ultérieure.

 

Puis il va au travailler garage après avoir déposé ces dames car il doit surveiller la progression des travaux entrepris…

En fin d’après midi, Françoise reçoit un appel de la compagnie d’aviation disant

que l’avion dans lequel son mari voyageait s’est écrasé quelque part au dessus de l’océan et que tous les passagers sont portés disparus…Nous regrettons infiniment de vous apprendre cette nouvelle et nous vous tiendrons au courrant au fur et à mesure que nous aurons des informations…

Elle n’a pas eu le temps de répondre quoi que ce soit…

Affolée et ne sachant que faire, elle appelle son mari mais sa secrétaire lui dit qu’il est occupé et qu’il la rappellera dès que possible…

Françoise sort de ses gonds et dit hors d’elle :

« Je veux lui parler immédiatement quoiqu’il soit en train de faire, c’est de la plus haute importance »

Mais Madame…

« Y’a pas de mais madame qui tienne, j’attends en ligne!!! »

Jacques arrive tout essoufflé et elle commence à lui expliquer ce qui se passe,

puis elle perd connaissance…

Il saute dans son auto et accourt auprès d’elle craignant qu’elle ne perde le bébé.

À son arrivée il voit que le téléphone est tombé par terre mais pas de Françoise.

Il la trouve finalement dans la chambre, effondrée, pleurant et riant à la fois…

Comme il n’avait rien compris de ce qu’elle avait dit au téléphone, il la fait coucher sur le lit, lui applique une serviette d’eau froide sur le front et s’assied près d’elle en lui parlant doucement…

Elle ne fait que bredouiller des paroles entremêlées tellement elle essaie d’aller vite…

Recommence par le commencement dit-il…

Et elle se calme lentement en lui relatant les faits…

Il s’allonge près d’elle et colle son oreille sur son ventre et se met à parler au bébé lui racontant toutes sortes de choses pour finalement lui dire…

Vois-tu bébé, je devais revenir pour veiller sur vous deux…

Dieu a placé ta maman sur mon chemin pour que je sois heureux jusqu’à la fin de mes jours…

Dieu n’a pas permis que la mort vienne interrompre ce bonheur qu’il avait planifié pour nous…

Merci Seigneur…

Françoise s’est endormie doucement en se collant contre lui…

 

Merci mes amis (es) d’avoir été là…Je vous dis à la prochaine…

 

 

Votre fidèle amie…

 

 

Merci Claudy de me permettre de raconter ces faits vécus.

 


 

 

 



Chez Claudy

 

 

 

 


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