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Divorcée depuis 6 mois elle
avait encore la rage au cœur et
rêvait de se venger de son mari
qui l’avait trompée de façon
honteuse.
Un groupe de jeunes femmes qui
étaient dans la même situation
la convainquirent de sortir avec
elles ce samedi soir…
Elles allaient prendre un verre
et danser dans « un night club »
Dès l’arrivée, elle n’aima pas
l’atmosphère enfumée du club car
la cigarette était permise à
l’époque.
De nature timide Françoise
n’avait jamais mis les pieds
dans ce genre d’endroit…
Qu’elle ne fut pas sa surprise
de voir un téléphone sur chaque
table…
C’était la spécialité de ce club
et les habitués s’amusaient
ferme en se servant du téléphone
pour inviter une jeune femme à
danser.
Chaque table était numérotée et
il s’agissait d’en signaler le
numéro pour faire sa demande…
Comme ses compagnes étaient
connues, elles furent appelées à
plusieurs reprises mais elle
séchait sur place et de toute
façon elle n’avait vraiment pas
envie de danser car elle avait
le cœur en compote et avait hâte
de retourner chez elle…
À la table voisine, un homme
dans la quarantaine qui ne
dansait pas non plus buvait plus
que de raison.
Elle l’observait à la dérobée,
non qu’elle soit intéressée par
lui mais elle se demandait ce
qui incitait cet homme à boire
autant…
Plus tard dans la soirée, elle
s’aperçut que le garçon de table
faisait erreur en lui rendant la
monnaie d’une commande…
Comme il était de plus en plus
éméché le pauvre diable ne
s’apercevait de rien et le
waiter lui volait au moins
$10.00 dollars à chaque
commande.
Comme il en était à sa troisième
commande, elle s’interposa
soudainement
et tenant le poignet du garçon
de table elle lui dit : « Ne
croyez vous pas que $10.00
dollars de pourboire est trop
élevé pour le service que vous
lui rendez? »
Il fit semblant de s’être
trompé, s’excusa en lui rendit
le change exact cette fois…
Après avoir bu sa bière, l’homme
se leva en titubant et partit en
faisant un petit signe de
remerciement…
Le samedi suivant, n’ayant rien
à faire, elle accepta de nouveau
l’invitation des filles…
En arrivant, elles prirent place
et chacune passa sa commande
mais elle commanda une eau
gazeuse en demandant d’y ajouter
une cerise de sorte qu’elle
avait l’air de boire un verre de
boisson alcoolisée.
Les invitations ne se firent pas
attendre cette fois et elle
accepta de danser à quelques
reprises.
Soudain on la demande au
téléphone elle prend l’appareil
et la voix lui dit qu’il ne sait
pas danser mais qu’il veut la
remercier de ce qu’elle avait
fait pour lui le samedi
précédent.
Elle regarde autour et
l’aperçoit de l’autre côté de la
piste de danse, il est seul à sa
table et lui fait signe en
soulevant un coke…
Il dit dans l’appareil
« Santé ».
Elle sourit et raccroche…
Les filles étaient sur la piste
et elle commençait à être
fatiguée…
En fait elle avait un peu honte
d’être là et se sentait comme si
elle trompait son mari…
Pauvre Françoise! Si tu savais
comme il ne se gênait pas lui…
Perdue dans ses pensées, elle
n’avait pas remarqué l’homme qui
se penchait maintenant vers
elle…Il lui demandait s’il
pouvait s’asseoir quelques
minutes…
Bien sûr dit-elle mais je dois
partir bientôt…
Je me présente dit-il…Georges
Il est grand et svelte, mieux
vêtu que la semaine dernière…
Enchantée…Je suis Françoise…Pas
question de lui dire son nom au
complet…
Il est venu ce soir en espérant
la voir car il n’est pas un
habitué puisqu’il ne danse pas…
Il lui parle de différentes
choses mais comme elle répond à
peine il ne s’attarde pas
longtemps et repart en la
saluant avant que les filles ne
reviennent…
Elle les regarde danser et
consulte sa montre de temps à
autre, souhaitant qu’elles se
décident à rentrer…
Mais comme elles avaient pris
plusieurs verres, elle étaient
en plein party et dansaient
joyeusement…
Françoise se leva, leur fit
signe de la main et sortit de la
salle de danse en se disant
qu’elle prendrait le dernier
autobus pour rentrer.
En sortant elle vit les feux
arrières de l’autobus qui
s’éloignaient.
Elle l’avait manqué.
Décidément elle jouait de
malchance se dit-elle en
s’installant en bordure du
trottoir pour héler le premier
taxi qui passerait…
Des voitures passaient mais
aucun dôme lumineux en vue…
Soudain une voiture décapotable
s’arrête, elle reconnaît le
fameux Georges qui lui offre de
la reconduire.
Elle accepte puisqu’il est sobre
et elle lui dit seulement de la
conduire au coin de la rue où
elle demeure car elle ne veut
pas lui donner son adresse…
Il démarre et lui offre d’aller
prendre un café dans les
environs mais elle refuse
gentiment disant qu’il est tard
et qu’elle n’a qu’un désir c’est
d’aller se coucher…
D’accord dit-il mais je vais
devoir arrêter chez-moi en
passant car ma mère qui habite
avec moi va s’inquiéter…
J’en ai pour 2 minutes je ne
vous ferai pas attendre trop
longtemps dans la voiture…
Ouf! Se dit-elle j’ai eu peur
qu’il me demande de monter chez
lui…
Il revient bientôt disant que sa
vieille mère veut la connaître
et aimerait qu’elle consente à
prendre un café avec elle.
Elle hésite un peu mais voyant
la dame aux cheveux blancs dans
la fenêtre elle décide
d’accepter…
Une fois les présentations
faites elles prennent place dans
la salle à manger
La dame sait recevoir et a sorti
ses tasses des grandes
occasions…
Elles grignotent quelques
biscuits faits maison tout en
jasant…
Puis, la porte d’une chambre
s’ouvre et une belle jeune fille
en sort vêtue d’une somptueuse
robe de chambre. Elle se
présente « Mado » dit-elle et
prend place à table pendant
qu’un monsieur distingué sort de
la chambre et part sans saluer
personne.
La fille a bu et elle rit trop
fort…Cela déplait à Françoise
qui est pressée de partir…
Georges s’apprête à aller la
reconduire quand une autre porte
s’ouvre laissant passer un homme
d’un certain âge qui se dirige
vers la porte mais il se
retourne bien vite et dit à la
mère, « Tiens, tu as une
nouvelle recrue? Je la réserve
pour samedi prochain. »
Françoise a vu un miroir au
plafond de la chambre et elle
vient de comprendre qu’elle est
tombée dans un piège…
Cette belle dame à l’allure
distinguée est la tenancière
d’une maison close…Et son fils
lui amène des filles rencontrées
au hasard.
Elle saisit son sac à main et
s’enfuit, descend rapidement les
quelques marches du perron et
court sur le trottoir comme une
folle…
Elle n’a jamais couru aussi vite
avec ses hauts talons…
Elle est à bout de souffle…
N’ose pas regarder derrière de
peur d’être suivie…
Une voiture s’arrête et un homme
lui offre de l’aider mais voyant
son air effrayé il lui dit qu’il
y a un poste de police au coin
de la rue et lui offre de l’y
conduire…
Non dit-elle je vais m’y rendre
à pied et je demanderai qu’on
m’appelle un taxi…
D’accord, je vais vous escorter
jusque là pour votre sécurité
car il se fait tard…
Il la suit doucement en voiture…
Finalement elle se dit qu’il
n’est pas méchant et renonce à
aller à la police qui lui posera
des questions embarrassantes…
Elle ne veut pas être mêlée à ce
genre de monde dégradé…
Ne voyant toujours pas de taxi
dans les parages elle monte en
voiture avec l’étranger et se
tient collée à la portière…Elle
est terrorisée…
Mais l’homme lui parle calmement
tout en conduisant sans faire de
détours inutiles et la laisse
descendre au coin de la rue où
elle demeure…
Avant son départ, il lui tend sa
carte d’affaire et lui dit :
« Vous savez, j’aurais aimé vous
rencontrer dans d’autres
circonstances »
Si le cœur vous en dit, appelez
moi demain avant 21hres car je
quitte le bureau à cette heure
tardive pour aller jouer au Mini
golf chaque soir.
Vous verrez que je ne suis pas
plus dangereux au téléphone
dit-il en souriant de toutes ses
dents blanches…
Elle lui trouve un certain
charme maintenant qu’elle est
hors de danger.
Elle le remercie d’un signe de
la main et se sauve en courant…
Il la regarde fuir comme une
gazelle…
Cheveux au vent, la jupe de sa
robe balance d’un côté à l’autre
à chaque pas…
Il attend qu’elle soit en
sécurité et repart rêveur…
Arrivée à son appartement elle
prend une douche et passe un
peignoir
Puis elle ouvre la T.V.
puisqu’elle ne s’endort pas à
cause du café et de toutes les
émotions de la soirée…
Il est maintenant 1 heure et
voyant la carte de son sauveur
elle la lit et découvre qu’il
est vendeur d’automobiles.
C’est donc pour cette raison
qu’il finit de travailler aussi
tard…
Elle finit par aller se coucher
même si elle ne trouve pas
immédiatement
le sommeil…
Dimanche elle ne sort pas de la
journée tellement elle est
traumatisée par ses mésaventures
de la veille.
Au souper, elle s’aperçoit qu’il
ne lui reste pas assez de lait
pour le petit déjeuner du lundi
alors elle va au dépanneur du
coin et revient bien vite sans
se douter que quelqu’un
l’observe assis dans une voiture
stationnée un peu plus loin de
son domicile.
Suite no. 2
     
Le lendemain elle est allée
travailler et les incidents de
la fin de semaine
sont passés au deuxième plan…
Au retour du travail elle trouve
un bouquet de fleurs sur le
palier.
Croyant à une erreur elle frappe
chez sa voisine qui lui apprend
qu’un homme est venu la
questionner pour savoir son nom
en disant qu’il avait un envoi
de fleurs à faire et elle ne
s’est pas méfiée…
Elle se confond en excuses
d’avoir été indiscrète puis
referme la porte…
Françoise cherche la carte sans
succès…
Elle se dit, il n’y a que
Georges qui savait mon prénom
alors elle en vient à la
conclusion qu’il est l’envoyeur…
Elle est furieuse et s’apprête à
mettre le tout à la poubelle
mais le téléphone sonne et c’est
son sauveur qui parle de sa voix
grave et posée…
« J’ai attendu votre appel
aujourd’hui mais il semble que
vous soyez encore sous le coup
de l’émotion »
Confuse, elle lui dit que ce
n’est pas dans ses habitudes de
téléphoner aux garçons et lui
demande comment il a pu obtenir
son numéro de téléphone?
Facile dit-il quand on sait
parler aux voisines…
Vous avez aimé les fleurs?
C’est donc vous dit-elle?
Qui d’autre?
J’ai craint un instant que ce
soit l’hurluberlu que je fuyais
hier soir…
Au fait, que vous est-il arrivé
pour que vous soyez aussi
paniquée?
Je vous raconterai un de ces
jours, merci pour les fleurs…
Pourquoi pas ce soir, je finis à
21hres et je peux aller vous
chercher pour vous initier au
golf…
D’accord, je vous attendrai
dehors…
Je ne peux pas rentrer dit-il en
riant?
Pas question…C’est ça ou pas du
tout…
Je plaisantais à plus tard.
Il était devant la porte à
21.10hres, il était en tenue
sport et elle avait mis un
Bermuda blanc agencé avec un tee
shirt rayé en diagonale noir et
blanc
Elle avait prévu d’apporter une
veste blanche au cas où la
température deviendrait fraîche…
Elle avait quand même quelques
notions du jeu et elle apprit
facilement ce qu’il lui
enseigna…
Puis ils prirent un café au
« Club House » et il la
reconduisit.
Ils étaient enchantés de leur
soirée et se promirent de
récidiver bientôt.
Comme elle allait sortir de
l’auto il la retint doucement
pas le bras et lui demanda ce
qui était vraiment arrivé la
veille.
Elle hésita un moment et lui
raconta sa mésaventure en
sanglotant.
Il lui tenait la main pour la
rassurer et lui dit que son
frère était lieutenant de police
et qu’il lui demanderait de
faire surveiller la maison en
question…
Il lui tapota la joue en voulant
la consoler et elle ouvrit la
portière pour entrer chez elle
mais surtout pour ne pas céder à
son charme…
Encore une fois il ne partit
qu’une fois qu’il vit la lumière
allumée à sa fenêtre…
Pour la première fois depuis au
moins 6 mois elle prit sa douche
en fredonnant…
Elle dormit comme un ange…
Le lendemain elle prévint sa
voisine de ne pas donner
d’informations à son sujet car
elle craignait que Georges tente
de l’atteindre…
La maison appartement où elle
vivait était munie d’un système
« Intercom »
Ce qui lui permettait d’ouvrir
seulement aux gens qu’elle
connaissait…
Il s’écoula quelques jours avant
que son sauveur lui fasse de
nouveau signe
Elle commençait à désespérer
quand il sonna à sa porte vers
21.15hres sans avoir téléphoné…
Oui ?....
Ici votre chevalier servant,
puis-je entrer?
Non dit-elle attendez moi dans
l’auto, je descends dans
quelques minutes…
D’accord dit-il en riant…
Elle se change rapidement et
descend l’escalier à la course
mais comme elle ouvre la porte,
elle aperçoit Georges en
conversation violente avec
Jacques.
Elle rentre à l’intérieur et
suit la scène à travers la vitre
de la porte.
Sentant le danger, Jacques sort
de l’auto…
Il est costaud et dépasse
Georges d’une tête…
Elle voit les deux hommes
discuter puis Georges s’enfuit
en marchant rapidement vers sa
voiture…
Il démarre en trombe en faisant
crisser les pneus…
Tremblant de tout son être,
Françoise s’installe auprès de
Jacques en qui elle a
confiance…Il démarre calmement
et ils filent vers l’extérieur
de la ville…
Il veut s’engage sur un chemin
de montagne pour s’arrêter à un
endroit magnifique d’où ils
peuvent voir le paysage à
l’infini…
Ils jasent longuement et il la
serre affectueusement dans ses
bras sans plus…
C’est aujourd’hui vendredi
dit-il et comme tu ne travailles
pas demain alors on peut veiller
plus tard…
Il la conduit dans un petit
Piano-Bar où il semble être
connu…
Il lui demande ce qu’elle veut
prendre alors elle commande un
Seven Up avec cerise et glaçon…
Une bière pour moi…
Ils parlent de différentes
choses et elle lui raconte
qu’elle n’a été mariée qu’un
mois.
Originaire du Saguenay elle est
déménagée à Montréal où son mari
vivait…
Il avait un bon emploi comme
pompier…
Il avait pris ses vacances pour
le mariage et un petit voyage de
noces et à leur retour ils
s’étaient installés
confortablement dans un petit
trois pièces…
Elle avait trouvé un emploi
comme vendeuse sur la rue
St-Hubert et ils étaient heureux
même s’il n’était très porté sur
le sexe…
Il était toujours fatigué
disait-il…
Elle lui avait demandé de voir
un médecin qui avait
diagnostiqué une mononucléose…
Elle lui faisait des plats
fortifiants et lui disait que
tout allait se replacer quand il
aurait repris ses forces…
Il était donc en congé payé pour
une période indéterminée…
Elle continuait à travailler en
attendant impatiemment que tout
rentre dans l’ordre car elle
l’aimait passionnément et
n’avait qu’un désir : Lui
appartenir…
Un matin, elle part pour aller
travailler avec un vilain rhume,
et son état se détériore quand
elle fait de la fièvre.
Elle a le front chaud et
grelotte…
Sa patronne la renvoie chez elle
en taxi tellement elle est
malade…
Elle grimpe péniblement
l’escalier, débarre la porte et
voit une scène d’horreur.
La radio joue à tue-tête, on ne
l’a donc pas entendue, elle voit
son mari prendre ses ébats avec
un homme…Elle est dans la porte
de la chambre et les regarde
avec horreur…Puis elle
s’évanouit…
Inutile de dire qu’elle n’est
pas restée là, elle s’est
réfugiée chez une vieille tante
qui l’a hébergée durant quelque
temps…
Elle l’a soignée comme sa propre
fille et l’a traitée avec
beaucoup de compassion.
Une semaine plus tard elle a
repris le travail et sa patronne
lui a recommandé un avocat pour
faire une demande d’annulation
de mariage.
Après beaucoup de démarches,
elle l’a obtenue…
Jacques l’écoutait en se
demandant comment cet homme
avait pu résister à tant de
beauté et d’innocence…
Lui-même se sentait
irrésistiblement attiré vers
elle…
Il l’invite à danser un « slow »
et il la berce tendrement, elle
est si jeune, à peine 20 ans et
lui en a 38…Il se sent comme son
protecteur…
Retournés à la table il lui
donne un carré de papier et lui
demande d’écrire le titre de sa
chanson préférée…Elle
écrit… « Le mur » c’était une
chanson très douce chantée par
Gilbert Bécaud à l’époque qui
disait :
Y’a toujours un côté du mur à
l’ombre
Mais jamais nous n’y dormirons
ensemble
Faut s’aimer au soleil
Nus comme innocents etc.
Jacques alla trouver le pianiste
qui annonça une demande
spéciale : « Le mur »
Et dès qu’il commença à jouer
les couples sont allés danser…
Il lui tendit la main et ils
s’enlacèrent plus étroitement
cette fois…
Il la sentait si vulnérable
qu’il l’entourait de ses bras
tendrement comme pour la
protéger…
De retour à table, elle lui
dit : Alors raconte moi pourquoi
tu es avec moi ce soir.
Il dit seulement ceci :
J’ai été marié pendant 10 ans
avec une femme que j’adorais,
nous avons eu un garçon qui
avait un beau talent…
Le cancer est venu m’enlever
l’amour de ma vie alors qu’elle
n’avait que 29 ans
Puis j’ai continué à élever mon
fils seul avec l’aide de ma
mère, mais je m’en occupais,
Dieu seul sait comme je l’aimais
ce beau garçon qui avait un
avenir prometteur…
Quand il a atteint l’âge de 18
ans, il m’a demandé de lui
guetter une aubaine
parmi les voitures usagées car
certains clients changeaient de
voiture aux deux ans.
J’avais une idée derrière la
tête. Je me suis dit : J’ai la
chance d’avoir un bon fils qui
étudie et réussit très bien, je
vais lui faire une surprise et
lui offrir sa voiture lors de
son anniversaire qui concordait
à peu de jours près avec la fin
de l’année scolaire.
Étant propriétaire du garage
j’ai choisi une belle voiture
sport rouge neuve, je l’ai fait
laver et bichonner puis j’y ai
fait mettre un énorme ruban
argent sur le toit et je l’ai
installée dans mon garage
personnel qui est à l’abri des
curieux…
Le jour de la graduation, après
la remise des diplômes, je lui
ai bandé les yeux,
l’ai fait asseoir dans ma
voiture et l’ai conduit auprès
de la sienne…
J’avais demandé à un employé de
la sortir dehors avant notre
arrivée…
Je me souviens encore de sa
surprise en l’apercevant dit-il
en s’essuyant les yeux
Ce cri de joie me récompensait
pour tous les sacrifices faits
depuis des années…
Comme il avait déjà son permis
de conduire, il a pu prendre le
volant et aller la garer dans le
garage double de la maison…
Le lendemain, il a emmené sa
grand’mère malgré elle car elle
était terrorisée…
En revenant il riait en lui
disant : « Tu vois bien que je
suis un grand garçon
maintenant »
Puis ce soir là il est parti
avec un copain pour l’épater et
ils sont morts tous les deux
dans un terrible accident…
L’enquête a révélé qu’un bris de
la direction était responsable…
Peux-tu imaginer…Je lui donne
une voiture neuve pour plus de
sécurité et il y a un bris de la
direction qui fauche deux vies…
J’ai mis beaucoup de temps à me
pardonner.
Vois-tu je lui ai donné la vie
et je lui ai donné la mort en
lui offrant cette voiture.
Françoise pose sa main sur la
sienne en signe de compassion.
Il s’en empare et lui baise les
doigts…
Suite 3
Au contact de
ses lèvres sur sa main, un
frisson la parcourut et elle
s’aperçut
qu’elle
s’attachait à lui un peu plus de
jour en jour.
Elle avait
peur…
Peur de se
tromper une fois de plus…
Peur de
souffrir d’un amour impossible.
Il y avait
tellement de différence d’âge…
Il l’invita de
nouveau à danser un slow et la
serra tendrement de sorte que
leurs corps ne faisaient qu’un…
Elle sentait
son souffle chaud dans son cou
et tout ça la troublait
délicieusement.
Françoise
dit-il, je te veux, je n’ai
jamais rien ressenti d’aussi
fort depuis le départ de ma
femme…
Il me semble
que le destin t’a mis sur ma
route pour que nous finissions
nos jours ensemble.
Elle ne
répondit pas et ils partirent en
se promettant de revenir…
Sur le chemin
du retour, il conduisait d’une
main et entourait ses épaules
de son autre
bras alors sa tête vint se
nicher dans le creux de son
épaule.
Elle était
dans tous ses états espérant
qu’il l’embrasserait…
Arrivés à
destination, il la prit dans ses
bras et l’embrassa doucement
avec beaucoup de tendresse…
Elle était
toute chavirée et ne pouvait
s’empêcher de comparer cette
chaleur ressentie alors que son
mari ne l’embrassait que pour la
convenance…
Son mari qui
trouvait toujours des excuses
pour ne pas consommer l’acte
conjugal…
Combien de
fois elle s’était endormie le
cœur gros parce que son homme ne
finissait pas son devoir
d’époux…Elle se disait qu’il ne
l’aimait pas, qu’il avait
seulement besoin d’une servante
etc.
Aussi quand
Jacques l’a caressée ce soir là
elle se croyait au 7e
ciel et s’il avait insisté elle
aurait cédé à sa passion
inassouvie.
Arrivée à
destination elle descendit de
l’auto rapidement pour ne pas
céder à l’envie de l’inviter
chez elle.
Le lendemain
elle reçut une seule rose rouge
qu’accompagnait une carte qui
disait :
« À ma
Valentine, puisse-t-elle
accepter cette modeste rose en
gage de mon amour »
Bouleversée,
elle l’appela au bureau pour le
remercier. Il fut convenu qu’il
irait la chercher comme
d’habitude et qu’il lui
réservait une surrprise…
Inutile de
dire qu’elle a fini sa journée
distraitement sous les regards
envieux
de ses
compagnes de travail…
Ce soir-là, en
arrivant au piano-bar le
pianiste a commencé à jouer « Le
mur »
comme il le
faisait chaque soir depuis
qu’ils fréquentaient
l’établissement.
Elle en était
toujours émue et soupçonnait
Jacques de donner un généreux
pourboire au pianiste pour qu’il
les accueille avec cette
mélodie…
Françoise est
souriante, heureuse et se sent
la reine du monde…
Elle nage dans
le bonheur…
Soudain, elle
voit arriver un couple en qui
elle reconnaît Georges et la
blonde plantureuse de la
« maison close »…
Son teint
devient blafard tellement elle a
peur…
Elle tremble
de tous ses membres…
Jacques lui
propose de quitter l’endroit
mais avant qu’il ne puisse se
lever
Georges
s’approche de lui par derrière
et lui braque un révolver sur la
tempe
en criant à
Françoise: « Toi si tu veux lui
sauver la vie, tu devras suivre
sagement Mado. »
Sois sans
crainte, je ne te ferai pas de
mal mais ma mère te veut dans
son équipe et quand ma mère veut
quelque chose je suis prêt à
tout pour la rendre heureuse.
Tu ne
m’échapperas pas, tu vas avec
« Mado » sinon…
Françoise
tente de se lever mais ses
jambes refusent de la porter et
elle s’évanouit…
Georges,
voyant le danger, détale avec sa
« Mado » en criant qu’il
reviendra…
Pendant
l’attaque, le propriétaire des
lieux avait appelé les
policiers qui sont arrivés juste
à temps pour les cueillir à la
sortie.
Jacques s’est
précipité vers Françoise et
comme elle reprend conscience,
il lui donne un peu de cognac et
les couleurs reviennent à ses
joues…
Elle grimace
mais sourit en voyant que le
danger est écarté…
Ils durent
rester pendant que d’autres
policiers s’affairaient à
prendre les déclarations des
témoins.
Françoise
disait en pleurant « Je ne me
souviens pas de l’adresse où
j’ai failli tomber dans le
piège » comment allez-vous
pouvoir fermer ce commerce de
prostitution?
Soyez sans
crainte, ils sont déjà sous
surveillance…
Il est déjà
2hres du matin lorsqu’ils se
retirent en douce car les
clients avaient eu aussi très
peur.
Arrivés à la
maison, il insiste pour monter
avec elle…
Après avoir
passé un coup de téléphone à son
frère policier pour le mettre au
courrant, il lui suggère de
prendre une douche chaude et de
se mettre à l’aise…
Elle obéit
comme une automate et après
s’être séchée elle s’enveloppe
dans une sortie de bain de
ratine et va s’asseoir auprès de
lui. Elle appuie sa tête contre
son épaule rassurée par sa
présence.
Elle s’endort
bientôt assommée par l’effet du
cognac…
Il se dégage
doucement et la prend dans ses
bras pour aller la coucher dans
son lit…Il la borde et va dormir
dans le salon tout habillé.
Elle se
réveille vers 5heures, va à la
salle de bain et l’aperçoit sur
le divan, ses jambes pendent
dans le vide. Elle le regarde
attendrie et le prend par la
main pour le conduire jusqu’à
son lit où il se rendort
paisiblement en la tenant dans
ses bras protecteurs…
Le lendemain,
il s’éveille avant elle, va
prendre une douche, se lave les
dents comme il peut et retourne
auprès d’elle.
Elle s’étire
sous ses caresses et se blottit
contre lui.
Il ne veut pas
profiter de la situation mais
attend patiemment qu’elle le
caresse à son tour…
Hum! Comme tu
sens bon dit-elle en se collant
encore plus près…
Il ne peut
résister et prend ses lèvres…Ils
passent un moment inoubliable.
Puis il reste
couché sur le dos, songeur…Tu ne
m’avais pas dit que tu étais
vierge, comment as-tu pu être
mariée 1 mois et rester vierge?
C’est pour
cette raison que j’ai pu obtenir
facilement l’annulation du
mariage.
Il n’y a pas
eu consommation…J’étais pas mal
innocente et j’étais mal
informée
Il aurait dû
me montrer comment faire l’amour
comme tu viens de le faire mais
il devait seulement penser aux
hommes puisqu’il était
homosexuel.
Maintenant je
comprends bien des choses et je
le comprends lui aussi, c’était
pas de sa faute…
Au fait tu es
un bon professeur…
Ils éclatèrent
de rire enfin heureux!
Dis donc, tu
m’avais promis une surprise?
Les évènements
d’hier ont tout chambardé et je
voulais que tu sois en
possession de tous tes moyens
pour prendre des décisions je
t’en reparlerai plus tard.
Pour le
moment, oups debout dit-il en se
levant tu dois avoir faim.
Je te prépare
le petit déjeuner…
Elle paresse
encore quelques minutes puis se
lève à regret…
Fait sa
toilette et se maquille un peu
puis passe à table où
l’attendent un œuf poché, des
rôties du bacon etc.
Ils mangent en
silence durant quelques minutes
puis il lui dit à brûle
pourpoint
« Tu ne peux
pas rester ici » J’ai pensé que
tu pourrais aménager chez moi,
car j’ai une grande maison où tu
pourrais t’installer
confortablement…
Tut, tut, tut
laisses moi finir…Il sort de sa
poche un écrin contenant une
magnifique bague de
fiançailles…Elle est muette
d’émotion…
« Tu sais, tu
peux parler maintenant… »
Elle s’assied
sur ses genoux et l’embrasse
passionnément…
Est-ce que je
dois interpréter ce baiser comme
une réponse favorable?
Oui mais plus
tard, car j’ai un bail à
respecter et je ne manque jamais
à mes obligations et puis aussi
il y a la grande différence
d’âge.
Si ce n’est
que ça je vais m’arranger avec
ton propriétaire sois sans
crainte et pour la différence
d’âge je vais me conduire comme
un gamin si tu crois que je vais
devenir pépère demain.
Tu sais,
j’aurais pu maîtriser Georges
hier puisque je suis ceinture
noire 5e dan, car je
pratique des arts martiaux
depuis environ 20 ans, mais on
nous enseigne de garder notre
calme en toutes circonstances et
de n’utiliser nos forces qu’en
dernier recours mais comme
j’avais vu le propriétaire du
piano bar au téléphone, j’avais
deviné qu’il appelait la
police…Alors pourquoi risquer
que son arme blesse ou tue
quelqu’un dans l’assistance?
Je dois aller
à Tokyo dans deux mois pour
prendre des informations sur les
nouvelles voitures qui
commencent à envahir le marché
car je songe à agrandir le
commerce pour ajouter un
département qui me permettrait
d’offrir ces véhicules
à la
clientèle…
Je suis
tellement heureux que j’ai la
tête pleine de projets…
Mais avant je
veux réaliser le plus
merveilleux qui soit…
Celui de
t’épouser et de t’assurer la
sécurité que tu mérites…
Dès demain on
ira au presbytère pour faire les
démarches…
Je sais qu’il
faut publier les bans etc
Toi, de ton
côté, tu devras acheter ta robe
de mariée…
On va être
occupés de part et d’autre mais
on pensera à se reposer quand on
sera dans notre nid d’amour.
Il me reste à
te présenter ma mère, elle est
âgée de 70 ans et elle t’aimera,
tu verras…Comment pourrait-il en
être autrement?
Par la suite,
tout se passe rapidement, ils
vont même chez le notaire pour
le contrat de mariage…
Jacques veut
aussi refaire son testament et y
retourne seul le lendemain à
l’insu de Françoise…
Il s’occupe de
tout en homme d’affaires averti…
Entre temps,
ils doivent témoigner en cour
mais tout se passe assez
rapidement car Georges a plaidé
coupable…
D’autre part,
la maison close a été fermée
définitivement…
Ils font un
mariage intime, 30 invités sont
conviés à prendre le repas de
noces avec eux dans restaurant
haute gamme de Montréal où une
salle a été réservée
pour célébrer
l’évènement entre parents et
amis.
La mariée est
radieuse et il n’y a plus aucun
nuage à l’horizon…
Ils font un
petit voyage de noces où ils se
retrouvent enfin seuls dans un
paysage enchanteur des
Laurentides.
Ils font
quelques randonnées en montagne
et s’amusent à crier à tue-tête
des
« Je t’aime »
Que l’écho
répète à chaque fois…Ils
s’amusent comme des adolescents…
Mais il faut
bientôt rentrer car le patron ne
peut s’absenter longtemps, il
doit veiller sur les affaires…
Ils sont
installés depuis peu lorsque
Françoise a des malaises, elle
ne digère pas bien et a souvent
des nausées…
Sa belle-mère
qui la considère avec beaucoup
d’affection lui dit d’un ton
malicieux : « Je crois que la
famille va bientôt s’agrandir »
Françoise
rougit et doit se rendre à
l’évidence, elle va avoir un
bébé…
Elle appelle
Jacques au bureau et comme il
est absent elle lui laisse un
message sur son répondeur :
« Papa, ne
rentre pas trop tard ce soir,
nous avons à parler
sérieusement »
Ils sont
mariés depuis 3 mois et il doit
maintenant aller à Tokyo pour
affaires…
Il est
bouleversé car il ne voudrait
pas la laisser seule dans un
pareil moment.
Mais les
affaires le pressent vu que les
travaux d’agrandissement sont
presque terminés au garage, il
ne reste que la peinture et la
décoration de la salle de montre
à finir.
Il en a pour
trois jours à peine et il
l’appellera chaque soir de son
hôtel…
La veille du
départ, c’est avec le cœur gros
qu’elle fait ses valises car
elle devait l’accompagner mais
vu son état, ils ne veulent pas
mettre la vie du bébé en danger…
Il doit se
lever très tôt car l’avion
décolle à 7 heures…
Il l’embrasse
tendrement et lui dit : Je
t’aime et je voudrais déjà être
de retour…
Puis il part
en voiture et lui envoie la main
en quittant la cour…
À l’aéroport
le départ est retardé d’une
heure…
Il
s’impatiente et après qu’il
s’est écoulé 90 minutes il va
s’informer pour savoir ce qui
retarde le départ et à quelle
heure il est prévu mais quand la
personne lui dit qu’il sera
peut-être retardé de plusieurs
heures, il décide d’annuler le
voyage et s’en retourne chez
lui…
À son arrivée,
Françoise lui saute au cou…
Ils décident
d’aller dîner au resto avec
Marie-Josée la maman de Jacques.
Celui-ci est
libre après avoir fait quelques
appels pour canceller ses
réservations à Tokyo et aussi
présenter ses excuses au
président de la compagnie de
voitures qui devait le faire
cueillir à l’aéroport et
remettre le rendez-vous à une
date ultérieure.
Puis il va au
travailler garage après avoir
déposé ces dames car il doit
surveiller la progression des
travaux entrepris…
En fin d’après
midi, Françoise reçoit un appel
de la compagnie d’aviation
disant
que l’avion
dans lequel son mari voyageait
s’est écrasé quelque part au
dessus de l’océan et que tous
les passagers sont portés
disparus…Nous regrettons
infiniment de vous apprendre
cette nouvelle et nous vous
tiendrons au courrant au fur et
à mesure que nous aurons des
informations…
Elle n’a pas
eu le temps de répondre quoi que
ce soit…
Affolée et ne
sachant que faire, elle appelle
son mari mais sa secrétaire lui
dit qu’il est occupé et qu’il la
rappellera dès que possible…
Françoise sort
de ses gonds et dit hors
d’elle :
« Je veux lui
parler immédiatement quoiqu’il
soit en train de faire, c’est de
la plus haute importance »
Mais Madame…
« Y’a pas de
mais madame qui tienne,
j’attends en ligne!!! »
Jacques arrive
tout essoufflé et elle commence
à lui expliquer ce qui se passe,
puis elle perd
connaissance…
Il saute dans
son auto et accourt auprès
d’elle craignant qu’elle ne
perde le bébé.
À son arrivée
il voit que le téléphone est
tombé par terre mais pas de
Françoise.
Il la trouve
finalement dans la chambre,
effondrée, pleurant et riant à
la fois…
Comme il
n’avait rien compris de ce
qu’elle avait dit au téléphone,
il la fait coucher sur le lit,
lui applique une serviette d’eau
froide sur le front et s’assied
près d’elle en lui parlant
doucement…
Elle ne fait
que bredouiller des paroles
entremêlées tellement elle
essaie d’aller vite…
Recommence par
le commencement dit-il…
Et elle se
calme lentement en lui relatant
les faits…
Il s’allonge
près d’elle et colle son oreille
sur son ventre et se met à
parler au bébé lui racontant
toutes sortes de choses pour
finalement lui dire…
Vois-tu bébé,
je devais revenir pour veiller
sur vous deux…
Dieu a placé
ta maman sur mon chemin pour que
je sois heureux jusqu’à la fin
de mes jours…
Dieu n’a pas
permis que la mort vienne
interrompre ce bonheur qu’il
avait planifié pour nous…
Merci
Seigneur…
Françoise
s’est endormie doucement en se
collant contre lui…
Merci mes amis
(es) d’avoir été là…Je vous dis
à la prochaine…

Votre fidèle amie…
Merci Claudy de me permettre de
raconter ces faits vécus.
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