Les temps ont bien changé…

 

Explication
 

Autrefois, aussi loin que je me souvienne, les défunts étaient exposés dans

le salon de leur propre maison durant 3 jours puis selon les usages de l’époque le service funèbre avait lieu à l’église le quatrième jour…

Quand on passait devant la maison, il y avait un crêpe noir à la porte indiquant que la famille était en deuil et les hommes portaient aussi un crêpe au bras en signe de deuil.

Derrière la tombe il y avait une grande draperie noire ou mauve garnie d’un gros cordon satiné de couleur dorée  et de chaque côté du cercueil 2 grands cierges montaient la garde…

C’était hallucinant

Quand un défunt était exposé, parents et amis veillaient au corps jour et nuit…

Les voisines apportaient des gâteaux, sandwiches, pour aider la famille à nourrir tous ces gens durant la nuit…

On disait le chapelet aux deux heures…

Je me demande quand les proches parents pouvaient dormir un peu…

Je me souviens aussi que la veuve ne portait que du noir sans aucune garniture

blanche durant 3 ans.

 

J’ai tenu à faire cette mise au point afin que vous puissiez comprendre l’évolution rapide qui a suivi l’après guerre…

Les personnes de moins de 80 ans qui n’ont pas connu cette époque se poseraient des questions sur le récit qui suit…

 

 

Les temps ont bien changé…

 

Après le décès de son mari  Marie-Ange constate qu’avec le peu d’argent qu’il  lui a laissé il va être difficile d’élever ses cinq enfants.

Le compte bancaire s’élève à $25,000 mais ce ne sera pas suffisant pour payer des études à tous…

La maison est payée, elle perçoit la pension des veuves mais si elle ne veut pas puiser dans la petite réserve bancaire il lui faut trouver un moyen de gagner un peu d’argent pour arrondir les fins de mois.

 

Après son mariage elle n’a plus travaillé à l’extérieur et ne pouvait pas retourner sur le marché du travail puisqu’elle a déjà 50 ans.

 

Les enfants voient bien que leur mère est soucieuse…

Qu’elle ne sait à quel saint se vouer…

 

Après quelques semaines, elle reçoit un coup de fil d’un homme d’affaires qui

demande à la rencontrer…

Comme tous les gens se connaissent dans une petite ville, elle sait qu’il est un honnête homme et elle consent à le recevoir…

 

Vous savez madame dans ma spécialité comme dans beaucoup de domaines le marché évolue rapidement…

Ainsi, à Montréal, et à Québec il y a des entrepreneurs de pompes funèbres qui ont amélioré leurs services en offrant la location de salons aux familles éprouvées pour exposer un parent défunt…

Les familles sont tellement épuisées que ce marché va devenir rentable en peu de temps…

Comme j’envisage sérieusement de suivre cette tendance je veux faire une expérience avant de m’engager dans des dépenses énormes…

Puisque vous avez une très grande maison, j’ai pensé que ce serait l’endroit idéal pour tenter l’expérience…

Mais ma maison n’est pas à vendre dit-elle…

Non, je voudrais seulement louer votre immense salon-double et votre boudoir puisque ces pièces ont des portes communicantes et ce serait l’endroit idéal pour tenter l’expérience.

Comme je comprends que vos magnifiques tapis seront souillés par les visiteurs, je vous paierais $15.00 par pièce pour chaque jour d’exposition.et je ferais faire le nettoyage de ces pièces après le départ du corps pour les obsèques.

Tout ça à condition que les gens puissent se servir des toilettes à l’étage supérieur.

À cette époque on exposait le corps 3 jours et on ouvrait le salon le matin du service…

Ouf!  $45.00 par jour lui sauverait bien des soucis…

Elle demande à réfléchir et promet de le rappeler dans 24 heures…

 

On dit que la nuit porte conseil…

 

Elle en parle aux enfants qui sont d’accord sauf la petite dernière de 11 ans qui a peur de tout…

Marie-Ange lui promet qu’elle pourra coucher avec elle et qu’il n’y aura aucun danger…

Les yeux bleus de la petite Gaétane sont luisants de larmes contenues…

Elle pose maintes questions puis décide que pour aider aux frais de la maison elle essaierait une fois mais une seule fois…

Après on verra dit-elle…

Sa maman l’embrasse et la rassure d’un gros câlin.

Il est entendu que quand un défunt sera exposé il sera interdit de franchir les portes coulissantes qui mènent au salon…

Tout le monde passera par la porte arrière…

 

À cette époque on ne signait pas de contrat, la parole donnée suffisait…

 

Trouvez-vous que les temps ont bien changé ?

 

La première personne exposée était une belle grand-maman aux cheveux blancs et tout se passa très bien…

On écoutait la radio en sourdine dans la grande cuisine, puis les enfants montaient à l’étage supérieur par l’escalier secondaire pour se laver et se coucher…

Gaétane n’a aucune réaction de frayeur…

Elle se colle à sa maman le soir et tout va bien…

L’argent qui rentre permet à Marie-Ange de faire quelques économies…

 

Après un an, l’entrepreneur de pompes funèbres, commence à bâtir son propre salon et quand tout fut fini il met fin à l’entente.

 

Marie-Ange recommence à être jongleuse…

 

Puis elle lit une annonce dans le journal :

« Homme sérieux recherche un salon à louer pour entrevue veuillez appeler à 470…..»

Je n’ai rien à perdre se dit-elle en composant le numéro de téléphone.

 

Qui est ce mystérieux personnage?

 

La courtoisie de l’homme qui répond à l’appareil fait bonne impression

Il est convenu qu’il viendra en fin d’après midi à 16 heures.

 

La sonnette n’a pas aussitôt retentie que  Marie-Ange ouvre la porte.

Elle ne peut s’empêcher d’admirer cet homme distingué qui enlève son chapeau et se présente en lui tendant la main…

Dans la cinquantaine avancée, costaud, il a un regard pénétrant…

Elle le fait passer au salon qu’il évalue rapidement d’un œil d’expert…

 

Madame dit-il, j’aurais besoin de votre salon double et du boudoir qui servira de salle d’attente car je donne des consultations en astrologie et comme je vais de ville en ville je demeure au même endroit 1 mois seulement.

J’ai aussi besoin d’une chambre à coucher mais je prends tous mes repas au restaurant.

Combien demandez-vous pour les 3 appartements et pour la chambre?

Elle prend son courage à deux mains et dit $15.00 par jour par appartement

Mais pour la chambre $10.00 par semaine.

J’exige aussi d’être payée à l’avance au début de chaque semaine.

D’accord dit-il en sortant un portefeuille bien garni…

 

Je commencerai vendredi car je dois faire imprimer mes pamphlets publicitaires.

Toutefois puis-je coucher ici ce soir?

Je reviendrai avec mes valises après souper pour vous laisser le temps de préparer la chambre.

D’accord dit-elle…

 

Après son départ, Marie-Ange monte à l’étage, emballée par cette nouvelle transaction…

Elle change les draps de la plus belle chambre, puis libère les tiroirs du

grand bureau pour lui donner suffisamment de place de rangement pour ses affaires personnelles…

Après avoir épousseté et lavé le miroir du bureau elle redescend allègrement l’escalier…

Elle oublie sa fatigue en pensant que l’argent va rentrer durant 1 mois.

Après on verra bien se dit-elle…

Puis, le vendredi arrivé les gens commencent à venir consulter M. Dupont…

 

Bernard le plus vieux des enfants descend dans la cave pour écouter ce qui se dit dans le salon…

Il reste assis dans le carré à patates tout l’après midi pour en savoir davantage.

Il revient après la fin des consultations et dit à sa mère :

« Tu sais, cet homme est un fieffé menteur »

Que dis-tu là?

Oui, j’ai écouté tout l’après midi ce qu’il dit à ses clientes…

Il raconte la même chose aux femmes sauf qu’il espace ses prédictions à toutes les 6 ou 7 personnes…

Il semble avoir un système qu’il a appris par cœur et il récite ses sornettes d’une voix grave et convaincante.

J’en avais des frissons dans le dos en l’entendant…

Sa mère lui interdit de retourner à la cave car ces choses sont certainement confidentielles…

Deux semaines se sont écoulées et M. Dupont est de plus en plus charmant avec toute la famille.

Il est un raconteur d’histoires drôles.

 

Seul Bernard le regarde d’un œil moqueur…

 

Il échange des recettes avec Marie-Ange.

Il lui fait même la lecture de la main gratuitement en lui prédisant qu’elle va se remarier dans 18 mois.

Elle rit de bon cœur.

 

La bonne humeur règne et il gagne la confiance de tous sauf de Bernard.

Un samedi matin Marie-Ange doit aller faire le marché et elle laisse Gaétane à

la maison car il fait très froid et elle souffre d’un gros rhume…

Bernard annonce qu’il va faire du ski avec les copains et les filles vont patiner

 

M. Dupont devient le gardien de Gaétane puisque les autres enfants se sont volatisés.

La maison est vide, M. Dupont propose à la petite fille de travailler pour lui pendant qu’il ira faire sa toilette et se raser…

 

Il s’agit de classer et compter des pamphlets publicitaires, de les mettre en paquets de 50 puis de les attacher avec un élastique.

Je te paierai 0.25¢ du paquet dit-il…

Toute heureuse de gagner des sous elle s’installe à son bureau comme une grande et s’applique à bien faire son travail.

Quand M. Dupont revient de la salle de bain il la félicite du travail accompli et la paie généreusement.

Puis il lui propose un autre travail de classement de documents…

Il dit viens t’asseoir de ce côté-ci du bureau je vais te montrer comment procéder…

Sans se méfier, elle s’approche pour bien comprendre ses explications mais M. Dupont cesse d’être le gentilhomme qu’il prétend être…

Il ose effleurer la poitrine de la petite en voulant l’asseoir sur ses genoux

Gaétane se dégage promptement et se sauve dans la salle de bain du rez de chaussé…

Elle barre la porte puis réfléchit le cœur battant…

Elle entend le téléphone sonner, M. Dupont parle à une cliente qui veut une consultation.

Pendant ce temps, elle va rapidement à la garde robe, saute dans ses bottes, enfile manteau et tuque et elle s’enfuit par la porte arrière chez sa tante qui demeure à un coin de rue de chez elle…

Il fait -30°c  pieds nus dans ses bottes elle court le manteau à moitié attaché.

Arrivé chez sa tante, à bout de souffle elle éclate en sanglot mais refuse de raconter ce qui l’a mis dans un tel état.

La tante surveille la rue pour voir revenir Marie-Ange du magasin, elle la voit passer luttant contre les rafales de neige, elle attend qu’elle soit rendue à la maison puis lui téléphone pour lui demander si elle doit envoyer

Gaétane en taxi à la maison vu qu’elle est si peu vêtue.

La maman devine qu’il s’est passé quelque chose de grave elle dit :

« Non j’arrive dans quelques minutes, on va s’en parler chez toi. »

Gaétane ne voulait pas se confier devant sa tante Régina qui est un peu commère mais sa mère qui veut la rassurer, la berce en essuyant ses pleurs puis la ramène à la maison.

Gaétane se cache derrière sa mère lorsqu’elle dit à M. Dupont qu’il devra avoir quitté sa maison après ses consultations de ce jour car elle ne voulait pas que la nouvelle se répande.

De plus dit-elle j’exige de recevoir le paiement intégral du mois complet.

Il a payé la mine basse et n’a pas cherché à savoir pourquoi.

Après ses consultations de l’après midi il est parti avec armes et bagages.

Gaétane a fait des cauchemars durant quelques semaines puis le sport aidant elle s’est passionnée pour le patin, les souvenirs se sont estompés graduellement.

Marie-Ange a recommencé à se ronger les sangs…

 

Que croyez-vous qu’elle fera après cette fâcheuse expérience?

C’est ce que vous saurez lors de la parution de la prochaine lettre de Claudy

À bientôt…

Votre amie.

Gaby

 

C’est ce que vous saurez lors de la prochaine mise à jour de Claudy

 

Soyez au rendez-vous…

Suite 3

La famille reprend graduellement une vie normale.

Marie-Ange place une annonce dans le journal local pour louer une chambre.

Seul un jeune homme de 17 ans y répond et prend rendez-vous pour visiter l’endroit…

Il a l’air distingué et même un peu guindé.

Après avoir conversé quelque peu avec Marie-Ange il déclare étudier la musique ce qui l’oblige à chercher une maison où on lui permettra d’utiliser le piano pour ses pratiques qui durent au moins 2 heures par jour.

Il veut aussi avoir la nourriture fournie.

Pour la nourriture, c’est d’accord à condition que vous mangiez la même chose que nous dit-elle…

Il demande s’il peut essayer le piano et dès les premières notes Marie-Ange est conquise par ce talent génial.

Il a joué avec fougue « La Polonaise de Chopin » sans s’interrompre ni hésiter une seule fois!

Il se lève et salue comme si Marie-Ange était son public…

 

Je dois vous prévenir que mes pratiques vont peut-être vous déranger car je dois répéter des « études » ardues sur des airs inconnus qui vont vous écorcher les oreilles alors si vous croyez ne pas pouvoir le supporter il faut me le dire dès maintenant car je devrai chercher à me loger ailleurs.

Accord conclu dit-elle…

 

Ses parents viennent l’aider à s’installer…

Des gens à l’aise et charmants qui sont ravis de le savoir dans une bonne famille.

Lors du premier repas, le jeune homme est un peu gêné mais Bernard a vite fait de le dérider…

Il lui propose d’aller patiner mais Régis décline l’offre puisqu’il ne doit pas déroger à ses horaires de pratiques de piano.

Il doit aussi éviter toute blessure aux mains, ce qui pourrait mettre fin à ses rêves de devenir pianiste de concert.

Les filles le trouvent beau mais trop distant…

Puis les pratiques commencent et toute la maisonnée se trouve une sortie  durant ses « fugues et études » musicales…

Comme il étudie aussi l’orgue, M. le curé lui permet de pratiquer 3 fois par semaine à l’église du village…

Lors des repas il garde les yeux rivés dans son assiette car il ne supporte pas le regard de Gaétane qui a maintenant atteint l’âge de 15 ans et ne sait pas cacher son admiration…

Il est mal à l’aise dès qu’elle lui adresse la parole.

Déjà trois ans qu’il demeure chez Marie-Ange.

Le temps passe et les deux filles aînées les études terminées, se trouvent du travail et rencontrent des garçons et quand elles se marient c’est Régis qui touche l’orgue à l’église…

 

Bernard participe à des compétitions de ski à travers la province…

Il se trouve des commanditaires et décroche quelques médailles d’argent et de bronze mais il vise plus haut et travaille avec acharnement pour parvenir à monter sur la plus haute marche du podium.

C’est un sportif dans toutes sortes de sports.

Les filles l’adorent et il accepte cette popularité avec un plaisir évident…

Quelques fois Régis va assister à un match de hockey à l’Aréna pour encourager Bernard avec qui il a beaucoup d’affinités.

Quand il revient à la maison après une victoire de son équipe toute la maisonnée fête avec lui…

Quand c’est la défaite il rit en disant qu’ils ont donné une chance à l’équipe adverse…

 

Régis donne parfois des leçons de piano à Gaétane qui avait commencé à  apprendre au couvent…

Celle-ci est un peu déçue qu’il ne vienne jamais à l’aréna pour la voir patiner.

Il n’encourage que Bernard se dit-elle alors quand il me donne des leçons je peux au moins l’avoir tout à moi durant 1heure!!!

 

Il fait partie de la famille et quand M. le curé lui demande de remplacer l’organiste qui est malade il accepte ce poste temporairement.

 

Le dimanche suivant, la famille est là et toutes les têtes se tournent  vers le jubé de l’orgue dès les premiers accords.

Les notes retentissent dans l’église, tous les paroissiens sont enchantés par ce jeu céleste.

 

Après la messe on lui serre la main sur le perron de l’église, on l’a apprécié c’est évident…

À la maison le téléphone ne dérougit pas et Marie-Ange est toute fière de celui qu’elle considère comme son propre garçon…

Les appels se poursuivent jusqu’en soirée…

Quand soudain elle décroche joyeusement pour la X ième fois, son sourire se fige sur ses lèvres, les larmes roulent sur ses joues…

Elle se retourne et dit seulement…

Bernard a eu un accident en jouant au hockey, il est à l’hôpital…

J’y vais et vous donnerai des nouvelles dès que possible…

À son arrivée à l’hôpital il est déjà trop tard…

Le médecin de l’urgence lui explique qu’un coup de patin lui a sectionné

la carotide et qu’ils n’ont pas pu le sauver…

Marie-Ange, le voyant si pâle, éclate en sanglots…

Son cœur de mère est déchiré…

Pourquoi gémit-elle? Pourquoi?

 

De retour à la maison, ses yeux bouffis laissent présager un malheur.

La famille est réunie dans le salon, elle annonce à travers ses larmes la mort de Bernard…

Les filles se précipitent dans ses bras en pleurant...

 

Régis se dirige vers le piano et en ferme le couvercle en signe de deuil…

Puis il se retire bien vite dans sa chambre pour se recueillir et pleurer son ami qu’il aimait passionnément en secret…

Même Bernard l’ignorait puisqu’ il savait n’avoir aucun espoir de le conquérir…

 

Le jeune homme est exposé dans ce fameux salon qui en a vu tant d’autres…

Ses nombreuses médailles remportées en compétition de ski sont accrochées

au satin blanc du couvercle du cercueil…

Ses camarades de ski et de hockey sont venus lui rendre hommage et 6 des plus costauds sont choisis pour porter le cercueil en terre le jour des funérailles…

Même son copain responsable de l’accident vient présenter ses condoléances à la famille …

Ils ont tous compris que c’est un bête accident du sport…

 

Le jour des obsèques, Régis se surpasse à l’orgue, sa musique remplit la voûte de l’église comme une complainte…

Ses mains courent sur les claviers tandis que les larmes coulent sur ses joues.

Il exprime sa douleur secrète par son jeu plein de sensibilité…

Jamais le « Requiem de Mozart » n’a été interprété avec autant de sensibilité.

 

Bernard était la fierté du village et chacun a voulu lui rendre un hommage particulier.

 

On peut voir dans l’assistance les paroissiens essuyer furtivement une larme.

 

Après les obsèques, Régis continue à demeurer chez Marie-Ange, il erre dans la maison comme une âme en peine jusqu’au jour où il reçoit une lettre l’invitant à aller passer une audition à Montréal comme candidat pour se joindre à  un grand  orchestre qui donne un concert bénéfice en faveur de l’hôpital Sainte Justine.

Voyant là l’occasion de se faire connaître, il se rend à l’audition le cœur

battant.

Neuf candidats rêvent de remplacer le pianiste qui a un autre engagement

le soir du gala…

Régis est retenu et comme il est libre le samedi soir il est enchanté de participer gratuitement à ce concert de bienfaisance qui sera radiodiffusé partout à travers les provinces de Québec et de l’Ontario.

Le soir venu, vêtu d’un toxédo loué, Régis s’assied au piano…

Très à l’aise, il joue de tout son coeur toute la soirée…

Son jeu se marie parfaitement avec l’orchestre…

Quand le chef d’orchestre le présente au public les gens se lèvent debout et les applaudissements fusent de partout …

C’est le rêve de sa vie qui se concrétise…

Cette ovation le grise…

De retour à la maison où on l’a écouté avec fierté, il est attendu et même s’il est 1 heure trente on festoie son succès avec quelques amis…

Le lendemain, on annonce à la radio que les recettes espérées ont largement dépassé l’objectif fixé.

Régis est enfin heureux…

Durant les semaines suivantes il reçoit une lettre où on lui offre un contrat qui l’oblige à déménager à Montréal…

C’est le cœur lourd qu’il quitte cette famille qu’il avait fait sienne.

Marie-Ange perd encore un fils et se retrouve seule avec Gaétane...

 

Gaétane qui est devenue une belle jeune fille doit se fiancer à Noël…

Régis lui promet de venir jouer à son mariage l’été suivant…

 

Puis quelques lettres de plus en plus espacées parviennent à Marie-Ange de différentes villes…

Et enfin de plusieurs autres de pays d’outre-mer…

 

On suit sa carrière florissante dans les journaux…

 

Puis c’est le silence…

 

Il est devenu célèbre et heureux je suppose…

 

Votre amie qui vous reviendra bientôt…

 

 

 

Merci Claudy de me permettre d’écrire chez-toi…

 

 

 

 

Image used courtesy Lady Oz
Some tubes by Ivy

Created just for you with love